#Ludovia2013 : ma promesse et votre imaginaire !

ludovia2013

Comme chaque été, je pars lundi pour Ax les Thermes assister et participer à #Ludovia2013, les universités d’été de l’E-Education.

J’ai peu tweeté cet été, très peu travaillé j’ose le dire😉  J’ai seulement gardé mon iphone en main. Rien d’autre de numérique. Un iphone connecté aux réseaux. Pas tous. J’ai très peu utilisé Twitter à qui j’attribue une charge professionnelle. Je me suis installée sur Facebook, instagram et tumblr : ces trois réseaux synchronisables (quelle qualité!) me permettent d’allier deux grandes passions: l’écriture et surtout la photo sur des espaces que je juge plus personnels.

Alors j’ai beaucoup posté sur nos multiples petits bonheurs estivaux, sur nos quelques jours de vacances en montagne.

Pour nos vacances en montagne, j’ai  alimenté un tumblr que j’ai utilisé comme un carnet de voyage. Il  a été suivi au jour le jour par notre famille et nos amis . Je me suis demandée si nous aurions encore quelque chose à raconter à notre retour. Y aurait-il cette traditionnelle question « alors vos vacances? ». Elle n’a pas été posée effectivement. Par contre nous avons eu « ça avait l’air super vos vacances! Tu sais que je connais bien ce coin…Dis moi, la luge d’été, c’est comment? Parce que nous, dans les Pyrénées, on a…« . Je n’avais pas tout écrit dans mon tumblr ,  Nous en avions plein encore à raconter, à commenter, à préciser. Ce tumblr a activé bien des discussions, des échanges, des questions…

J’ai aussi pris beaucoup de plaisir à suivre bon nombre de « tweeteurs, instagrameurs, facebookeurs » via leurs publications de vacances : @gabriellecpe à Washington, les joggings de @cnaux , @guybirenbaum sur sa plage de Trouville,  @delphef dans les Pyrénées, ou au pied de la Tour Eifell, @thomasvwieder dans ses déplacements présidentiels ou en vacances sur la Côte Ouest, @moniqueroyer en Bosnie, @egaucher en Italie, @schesnel à Chausey, @W2ydavid resté dans la mousson indienne, @cjouneau dans son emménagement avec ses twins, @gduboz dans son Jura qu’on découvrait nous aussi,  @fredericslider en Croatie…ETC.  Qu’ils me suivent ou non, qu’on se connaisse ou non, j’ai aimé les suivre dans leurs photos, dans leurs quelques commentaires. Parce que nous avons eu tous en commun cette idée du plaisir à partager ce qu’on vivait. 

Partage qui amène au plaisir et à l’imaginaire. Le numérique permet soudain de voyager un smartphone entre les mains. En postant une photo de vacances, une personne propose un voyage, ouvre au monde.

C’est l’antithèse de l’image qu’on impose ou qu’on se fait du numérique.Tous ces réseaux ne sont pas une fin en soi, ils sont moyen, vecteur vers… . 

Ce sera le thème de ce Ludovia 2013  » Imaginaire et promesses du numérique ».  Le numérique, cette fenêtre qui ouvre vers bien plus. Qui amène celui qui l’utilise à découvrir, apprendre, questionner et partager beaucoup plus.
C’est ma vision même de l’Ecole. Une porte qui doit ouvrir l’Elève vers le Monde.

Le thème de Ludovia 2012 était « plaisir et éducation numérique ». Le thème de cette 10ème année rejoint cette notion de plaisir: l’Ecole doit allier plaisir, promesses, imaginaire et le numérique doit et peut permettre cette combinaison.

Alors pour finir cet été ensoleillé et pour ne pas clore cette part de partage, de plaisir, voici ma promesse pour Ludovia2013: je vais utiliser instagram synchronisé à mon Twitter, mon Facebook et à un Tumblr dédié pour partager avec qui le souhaitera ces 4 jours intenses d’échanges. A partir de lundi, je prendrai en photo et commenterai ce à quoi j’assisterai pour essayer de mettre en exergue le thème de cette année. En espérant amener curiosité, intérêt, échanges à partir de ces photos: de ma promesse vers votre imaginaire! Une fenêtre ouverte vers #Ludovia2013 !

Vous pourrez me retrouver ici :

-Twitter : frompennylane

-Instagram: laujuin

-Facebook: laurence juin (pro)

-Tumblr http://fromludovia2013.tumblr.com/

Les 4 réseaux seront synchronisés et ouverts aux commentaires!

Ah si Brigitte Fossey avait eu un compte Facebook !

Samedi, 22 h, j’attendais dans ma voiture que mon ado (14 ans) sorte de la maison de sa copine, une certaine Marilou. Nous sommes passés pour la première fois des anniversaires de l’après-midi à ceux de la fin de l’après midi-début de soirée. Je n’ai pas eu le droit de sonner EVIDEMMENT chez la dite MariLou !  Je sais pourtant à quoi elle ressemble, j’ai réussi à me faire une idée de la copine inconnue bénissant soudain ces ados qui laissent leur profil Facebook ouvert😉

Alors j’attends dans le noir dans ma voiture et soudain je pense à Brigitte Fossey et Claude Brasseur dans la Rancho familiale à attendre que « Vic’ « sorte de sa 1ère boum! A Claude Brasseur hurlant comme les autres parents car aucun ado ne quitte la fête à l’heure prévue.

Contrairement à Claude Brasseur, je ne peste pas longtemps sur son retard : je sors mon iphone pour envoyer un sms « je suis dehors et t’attends ». Je le vois aussitôt sortir, bénissant nos téléphones portables !  

Ah si Brigitte Fossey avait eu Facebook et Claude Brasseur un iphone me dis-je! Ils auraient perdu moins de temps, se seraient moins inquiétés!

Précédemment, entre 18 et 22h, nous avons échangé avec mon Ado deux sms. Il faut dire que l’anniversaire de Marilou rivalisait avec la finale de la Hcup. Dilemme pour l’Ado-rugbyman : MArilou ou Clermont-Toulon? Heureuse qu’il ait choisi le rapport humain à la télé sportive, je lui envoie un sms annonçant le score final. Notons qu’il ne m’avait rien demandé. Accompagné d’un « tout va bien?», celui de la maman qui s’inquiète (une maman quoi😉  . L’Ado répond d’abord d’un OK pour le résultat du match puis d’un OUI pour son état de santé.

Ce OUI a clos notre non-conversation et je me dis qu’il a bien raison l’Ado laconique!  Quand il entrera (à l’heure!) dans ma Rancho voiture,  il me racontera ce qu’il souhaite de sa soirée.  Il demandera ensuite à son père de lui raconter le match.

On évoque-déplore-se plaint-se lamente très souvent de l’hyper-connectivité des adolescents.  Mais Quid des parents?

Mes deux ados ont un compte Facebook, nous y sommes « amis ».  Je suis aussi amie avec leurs deux meilleurs amis. J’ai aussi les codes d’accès à leurs comptes « au cas où ».   C’étaient les conditions sine qua none pour qu’ils puissent avoir un compte avant leurs 13 ans.

Ils ont chacun un téléphone portable et j’ai aussi leurs codes d’accès « au cas où ». Condition sine qua none. Encore!

Nous avons accès via le site de leur collège à leurs cahiers de texte en ligne et à leur relève de notes au jour le jour. Nous le consultons « au cas où ».

Quand mon fils est amoureux, il dit à sa copine « surtout ne mets rien sur nous sur Facebook, ma mère pourrait le voir« .

Quand ma fille rentre et m’annonce toute fière un 18/20 en géo, elle râle que je lui dise « je sais j’ai vu sur ton relevé ».

Quand sa prof note sur le relevé de notes en ligne par erreur un 0/20 au lieu de 10, l’ado se fait incendier. La prof corrigera rapidement son erreur de frappe, l’ado rumine l’incendie qu’il n’avait (pour une fois!) pas allumé!

Brigitte Fossey aurait bien aimé consulter les notes de sa fille sur Gépi et comprendre (avant que Bernard Giraudeau ne l’appelle) que sa fille ne bossait pas son allemand.

Claude Brasseur aurait aimé que sa fille ait un portable pour qu’elle l’appelle en pleine nuit sous la pluie alors qu’elle venait de rater son bus avec Pierre Cosso!

Avec Facebook, Denise Grey n’aurait pas eu besoin de prendre des photos de Mathieu,  planquée derrière un poteau à la sortie du collège pour que son arrière-petite-fille ait une photo de son amoureux!

Et Sophie Marceau aurait su que ses parents rentraient plus tôt de voyage si elle avait eu un portable. Pénélope l’aurait appelé et elle ne se serait pas faite piéger en sortant de chez Pierre Cosso !

La boum et la Boum 2 sont sortis sur les écrans en 1980 et 1982.  Les rapports que nous entretenons avec nos adolescents ont profondément changé en 30 ans.   Les réseaux sociaux, les nouvelles technologies, les outils numériques modifient les rapports adolescents-adultes. Quelle part de l’espace personnel de nos enfants pouvons-nous occuper?

Je l’avais évoqué dans un précédent billet à propos de ma posture adulte sur les réseaux. Nous devons aussi nous demander, nous adultes, quelle place nous pouvons nous accorder dans l’espace adolescent. Le relevé de notes en ligne, l’accès au compte Facebook, l’hyper-communication sont-ils nécessaires ou intrusifs?

Dois-je lire ce que mon Ado et ses amis postent sur son mur Facebook? N’est-ce pas aussi intrusif que de lire une lettre d’amoureuse oubliée dans une poche de jean ou une page de journal intime?

Le numérique rend public  ou au moins accessible ce qui ne l’était pas du tout avant:  Il facilite aussi la communication. Mais l’accessibilité présuppose, pré-impose-t-elle pour autant accès?

Mes deux ados ont désormais plus de 13 ans, l’âge de raison sur Facebook? A suivre…ou pas? « au cas où »

la boum montage

Pourquoi j’ai voulu virer ma fille de mes contacts Facebook !

J’ai toujours été catégorique : être ami(e) avec  ses enfants sur Facebook n’est pas une bonne idée. A chacun son espace!  Si je considère que ma fille n’est pas mon « amie » IRL, pourquoi lui donner cette place IVL ?

Je dresse une frontière assez nette dans les relations que j’ai avec mes enfants et avec les enfants de mes proches : si nous nous entendons bien, si nous pouvons parler sans tabou, je ne veux pas être « amie » avec mes enfants . Parce que je suis adulte, parce que je suis parent doublée d’enseignante, j’entretiens cette distance. Un jardin secret d’adulte  que je réserve aux adultes qui me sont les plus proches. Comme je n’aime pas que mes enfants écoutent les conversations  que je peux avoir avec mes amis intimes, j’’entendais préserver cet espace privé et intime aussi sur Facebook.

Et puis mes aînés sont devenus ados. Avec la volonté en entrant au collège d’avoir la panoplie de l’ado idéal qui comprend un compte Facebook.

Puisqu’ils n’avaient pas 13 ans, l’âge officiel d’entrée sur Facebook, j’ai accepté sous conditions. A savoir : un accompagnement en éducation aux réseaux, un accès au compte et au mot de passe (« si besoin ») et l’obligation de nous avoir avec leur père dans leurs contacts.  Ces conditions-là remplies et acceptées, ils se sont lancés…et nous nous sommes retrouvés « amis » avec nos enfants sur Facebook !

Grumph😦 Ai-je d’abord réagi ! Comme prise au piège de mes propres balises de (sur)veillance ! Parce que je n’avais aucunement envie d’avoir mes enfants amis sur Facebook ! Si eux étaient en construction de leur espace virtuel, le mien était déjà bien établi. Espace que je réserve à un cercle de connaissances plus ou moins proches mais totalement choisi, uniquement composé d’adultes ou de pré-adultes et surtout pas la cour de récré d’ados ! Un espace où je raconte, je publie des infos, des liens, mes coups de gueule, mes saute d’humeur, mes réjouissances, des photos de famille, d’amis, de nos fêtes, de nos vacances, de nos projets … MON espace !

Je refusais depuis  un moment  leurs copains comme amis…et me voilà « amie » avec mes enfants !

Si mon fils (14 ans) a rapidement abandonné tout usage de Facebook bien plus attaché aux jeux vidéos et à ses copains en connexion immédiate et réelle, ma fille (13 ans cette année) est devenue une vraie adepte du réseau se connectant dès qu’on l’y autorise. Elle publie peu mais réseaute beaucoup avec ses amis, ses connaissances mais aussi les amis de ses parents, sa famille, ses grands-parents… et donc moi ! Elle lit chaque mot que je publie, regarde chaque photo, ouvre chaque lien, « like » souvent mais commente rarement.

J’ai failli la virer, j’avoue ;) Elle et sa grande copine que j’avais acceptée dans la foulée comme « amie ».  Me voilà envahie par les ados certes sympas…mais ados sur MON espace d’adulte.

Mais je n’en ai rien fait. Petit à petit, ce sont mes pratiques du réseau que j’ai modifiées et non pas ma liste de contacts. Pour m’adapter à sa présence : cet espace n’est plus « intime », bascule vers le personnel, se calque sur les relations que j’ai avec mes enfants « intimes d’adulte à enfant » mais pas « intime adulte à intime adulte ».

Lorsque je publie un message, je réfléchis à la portée que ça aura pour elle, quelle image je lui donne, comment interprétera-t-elle mes mots ? Des questions qu’on doit tous se poser : nous publions tous sur le Net pour être lu. Nous devons prendre en compte tous nos possibles lecteurs.

Etre lue par ma fille enrichit finalement ma position sur le réseau. Car Facebook ou tout autre réseau n’est pas un espace de l’intime. Il est « personnel » puisque mien puisque restreint d’accès à qui je le souhaite. Mais n’est pas intime. Comme tout ce que l’on dépose sur Internet. Parce que je publie sur un espace qu’on m’octroie mais qui ne m’appartient pas. Parce que les données qui j’y dépose sont exploitées ou au moins exploitables. Parce qu’on peut me les dérober, les manipuler ou tout simplement les interpréter différemment de leur sens initial.

Ce n’est pas ma fille qui m’a appris ça. Mais elle m’a apporté un regard neuf, un regard complémentaire à celui que je portais déjà à mes publications.

Mon mur Facebook est devenu une sorte de « chronique familiale »  où je continue à poster infos, photos, coups de cœur et coups de gueule, anecdotes. Un journal personnel que j’aime à partager mais qui n’est pas un journal intime. Je réfléchis encore plus aujourd’hui que nous y sommes en contact qu’avant.

Ma pratique du réseau évolue. Après tout, je n’ai que 4 ans d’ancienneté sur Facebook et ma fille déjà 1 an ;)  C’est vraiment la spécificité des réseaux sociaux du net: nous n’avons pas de recul ou très peu face aux générations d’adolescents et d’enfants qui s’inscrivent sur le réseau en même temps que nous. C’est nouveau. Jamais auparavant, dans notre Société, l’Adulte n’a manqué de recul par rapport à l’Enfant. IL avait toujours « un temps d’avance ».  Ce n’est pas le cas avec Internet. Ca désarçonne, inquiète souvent, répulse parfois l’Adulte qui se sent mis en danger.

Ou alors on peut apprendre ensemble. Adulte, parent, enseignant avec l’enfant, avec l’adolescent. Apprendre, réfléchir, , se tromper aussi, corriger surtout pour construire des pratiques cohérentes.

Je garde ma fille comme « amie » sur Facebook … et viendra peut-être un jour où elle aura envie de me virer de ses contacts😉

Billet dédicacé à Mathilde !

En passant par Clair : de 2011 à 2013 !

#Clair2013 commence aujourd’hui, je suis ça sur Twitter , à distance évidemment,  parce que l’évènement se déroule au Canada !

Pour expliquer ce qu’est #Clair , je reprends les propos du Carrefour de l’Education (ici) « Ce colloque international qui en est à sa troisième édition réunit divers enseignants et professionnels de l’éducation qui souhaitent améliorer leur connaissance du Web 2.0 et voir l’éducation autrement. Conférences, foire pédagogique et forum des pratiques gagnantes sont au programme. Une visite d’école fait partie des activités prévues. Parmi les sujets abordés, notons : projet de portables, cybercarnets, Web 2.0, studio de télévision, radio étudiante, robotique, projets spéciaux de classe, session d’affiches, outils technologiques et projets du développement de l’écriture ». 

Clair c’est une petite ville du Nouveau Brunswick à la frontière avec les Etats Unis. Une carte postale du Canada comme on l’imagine de l’autre côté de l’Atlantique. Au milieu des arbres, des lacs et de la neige, se trouve une école comme on pourrait  en trouver partout. Sauf que celle-ci est incroyable de par ses enseignants, ses élèves et le matériel qu’elle a à sa disposition. Au fil des années, son directeur, Roberto Gauvin ,avec son équipe, en a créé une sorte de centre expérimental et expérimenté de l’éducation, de la pédagogie comme tout enseignant en rêve. Des enseignants, des élèves qui forment une communauté motivée avec des mots d’ordre qui pourraient se résumer (ou non!) par : apprendre, s’épanouir, se construire, avancer ! Pour découvrir l’école , c’est ici !

Pour la 4ème année, 250 enseignants, pédagogues, curieux, avides d’apprendre eux aussi, de se rencontrer, d’échanger, de se motiver, se retrouvent dans cette école le temps d’un colloque, le temps d’un week-end. Les élèves sont présents aussi, c’est si rare et pourtant si normal: comment parler d’éducation si les premiers concernés ne sont pas présents pour témoigner?

Cette année encore, un oeil sur Twitter le temps de ce week-end, je suivrai la balise #Clair2013 . Avec intêret et …nostalgie ! Parce qu’il y a deux ans, j’y étais moi aussi !

En 2010, novice sur Twitter, j’avais suivi ce colloque et un des participants avait tweeté « on parle du travail de LAurence Juin avec ses élèves en ce moment à Clair ». Surprise j’avais cherché de quoi il retournait. Et j’avais découvert Mario Asselin, Sylvain Bérubé, François Guité, Jacques Cool, André MArcotte, Nathalie Couzon, Jean Doré, Patrick Giroux … Toute cette communauté d’enseignants canadiens qui cherche, qui réfléchit  sans cesse à comment enseigner mieux. Cette communauté de passionnés, d’increvables et de motivés!

Quand l’été suivant à Ludovia , Mario Asselin, au détour d’une discussion  m’a proposé de venir à Clair, ce fut pour moi comme une consécration pédagogique. Loin de l’ « Institution », si les organisateurs de ce colloque m’invitaient à venir témoigner de mon travail en classe, c’était pour moi une grande reconnaissance.

Alors j’y suis partie un matin froid de janvier, j’ai traversé des heures de magnifiques paysages en échangeant avec Mario, Sylvain et François sur ce/ceux qui nous anime tous enseignants, pédagogues. Arrivés à Clair, une grande pancarte municipale pour nous accueillir parce que Clair le temps d’un colloque gagne 1/3 de population tout de même !


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J’ai découvert l’établissement scolaire idéal parce que rien n’y est oublié: l’enseignant, l’enfant, le parent, le matériel, le projet éducatif, l’envie pour que l’ « Ecole » fonctionne.  Il ne s’agit pas d’avoir 15 tablettes ou un TBI, il ne s’agit pas de l’envie d’un seul enseignant. C’est un ensemble d’acteurs et de projets. 

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Alors je suis montée sur l’estrade, j’intervenais entre Daniel Peraya et François Guité avec comme seul support un humble powerpoint pour partager avec tous les participants ce qui nous anime tous: l’envie de faire mieux en classe.

LauJuin-Conclu

Cette vidéo introductive ici résume bien l’ambiance du colloque.

Encore souvent, je me dis que le numérique a entraîné bien des changements dans ma vie professionnelle, dans ma façon de voir mon métier, l’élève, ma pédagogie et a surtout renouvellé l’ Envie qui m’a toujours animée de faire mieux. Même après 12 ans de carrière. Et Clair a été un de ces facteurs « aggravants » ! 

Pour en savoir plus sur le Colloque, venez visiter le wiki dédié est ici

Si vous n’avez pas encore activé une colonne #Clair2013 sur votre tweetdeck, je vous incite rapidement à le faire ! Les tweets émis sont déjà prometteurs !

Tweets C1 C2 C3 C5

Twitter, Facebook: tous responsables !

Twitter est pointé du doigt ces temps-ci comme espace de diffusion de propos racistes, antisémites, haineux etc.

La question qui se pose pour Twitter est finalement à généraliser : Qui est responsable des propos émis sur le net? L’hébergeur? L’émetteur?

J’ajouterais celui qui semble être laissé de côté: le lecteur !

Ne perdons pas de vue que nous sommes lecteurs de ce que nous choisissons de lire. IL n’y a rien de subi.

Qui dit lecteur, dit choix de lecture. Au même titre que je n’ai jamais lu de livre révisionniste, je n’ai jamais lu de tweet antisémite puisque je choisis ce que je lis et qui je lis. Dois je pour autant nier que ça existe? Assurément non! Dans l’immense bibliothèque mondiale, je sais qu’il existe des textes racistes et haineux. Je connais le danger. Personne ne m’a jamais empêché de lire pour autant! Au contraire! Dois je alors me priver, priver mes enfants, priver mes élèves du net, du web 2.0, du réseau social par crainte que nous puissions lire des propos hors la loi et dangereux?

OUI ! Privons nous effectivement du net dans son ensemble. C’est une évidence SI nous ne nous éduquons pas, si nous ne nous responsabilisons pas dans cet accès. Comme nous avons appris à distinguer un livre révisionniste d’un livre d’Histoire, il faut éduquer sur ce qu’on lit sur Internet : éduquer l’adulte comme l’enfant !

Internet, le web 2.0 ont engendré une révolution que beaucoup sont en train de réaliser: nous sommes dans l’ère de la production écrite accessible à tous, émetteurs comme récepteurs. Dans le pire comme dans le meilleur, dans le plus futile comme dans le plus essentiel, dans le plus enrichissant comme dans le plus appauvrissant.  N’importe qui aujourd’hui peut écrire, publier, être lu et peut avoir soudain une tribune immense.

L’écrit était avant Internet réservé à l’élite: à « celui qui savait écrire » de l’écrivain au Professeur ou au journaliste.  A ce pouvoir intellectuel s’ajoutaient le pouvoir social et financier nécessaires à la publication.

Aujourd’hui du plus instruit à celui qui l’est le moins peut publier. L’accès est facile et libre.

Aujourd’hui une mère de famille britannique peut écrire, s’auto-publier sur Internet et avoir vendu plus de 50 millions de livres en 2012 ! Ou une jeune fille peut vendre 130 000 albums après avoir publié une vidéo sur Youtube !

Cette fabuleuse tribune d’expression libre qui bouscule tous nos principes occidentaux de maîtrise du Savoir et de la publication ne doit pas faire oublier pour autant que nous sommes RESPONSABLES de ce que nous émettons ET de ce que nous recevons.

La tendance actuelle serait à la déresponsabilisation de la personne: sur le net comme dans le quotidien. La notion de citoyenneté s’étiole.  Nous sommes entrés dans un processus de victimisation. C’est le cas pour ce qui se passe sur Twitter. Si je suis abonnée à un compte Twitter qui véhicule des propos haineux, ne suis je pas responsable moi aussi? Par mon abonnement, ne suis je pas en train de l’encourager à tweeter encore sur le même thème? Ces comptes n’existent que parce qu’ils ont des lecteurs.

Nous ne pouvons pas agir contre cette liberté d’expression mais nous pouvons réagir. Il ne s’agit pas de diaboliser ou de se victimiser: Interdire Twitter à cause de ces propos? Un autre support naîtra, encore plus puissant et qui démultipliera la Haine qu’on a tenté d’étouffer.

Je milite pour une éducation au web 2.0 parce que l’Education permet de ne pas subir.

Ce que mes « amis » Facebook et mes « abonnés » Twitter écrivent sur mon mur ou sur ma TimeLine m’engagent puisque je m’engage à le lire.

Mon mur Facebook rassemble des « amis » éclectiques, ce qui suppose idées et prises de position qui ne sont pas toujours les miennes.  Si j’accepte des personnes sur mon Facebook  qui ne partagent pas les mêmes idées que moi, je m’octroie le droit de le dire et de commenter les leurs.  Si nous sommes sur un espace de partage et d’interactions, j’entends faire vivre cet espace. Quand une opinion, une idée émise me dérange, m’interroge, je rédige un commentaire.  Dans l’idéal, j’imagine que de ma publication ou de mon commentaire naîtront des discussions, des échanges, une confrontation d’idées. C’est souvent le cas et j’aime cet enrichissement : donner/prendre un avis autre, se faire bousculer dans ses positions, tenter de convaincre et juste accepter qu’on ne pense pas tous de la même façon!

Un « ami » , avec qui je ne partage pas les mêmes idées politiques, m’a indiqué:  « si ça ne te plaît pas, ne soyons plus en contact sur Facebook » augmenté d’un « je ne commente pas tes opinions, fais de mêmes avec les miennes ».

S »il ne s’autorise pas à commenter mes prises de position, à quoi sert que nous soyons en lien sur Facebook? Il utilise Facebook comme un espace de déclaration d’idées, aime les partager avec ceux qui les partagent mais refuse ceux qui ne vont pas dans son sens. La richesse de mon réseau social comme je me le définis ne tient plus.

Ce que mon réseau social du Net apporte en plus à mon réseau social, c’est une tribune. Permettre à chacun d’écrire, de s’exprimer, d’échanger. Si ça devient un espace « brimé » et subi, il ne m’apporte plus rien.

Je pose mon cadre, je fixe mes règles, j’accepte qui je veux comme ami, je tolère les idées différentes des miennes tant qu’elles restent dans le cadre légal et non haineux, j’accepte les commentaires comme je m’octroie le droit de commenter, de ne plus être « amie »… : Voici ma charte d’usages des réseaux.

A chacun de fixer la sienne: il s’agit d’être responsable, actif, citoyen du web comme on est dans le quotidien! …et d’éduquer à l’être !

A écouter : la chronique radio de Guy Birembaum sur le même sujet ici 

Le numérique, de ces idées préconçues !

J’écoutais hier des adultes discuter sur les pratiques numériques de leurs enfants, adolescents. Discussion qui glisse sur les pratiques de nos élèves jusqu’à celles généralement des adolescents.

Un constat est criant: le téléphone portable et plus précisément le smartphone, est devenu inestimable, indispensable, irremplaçable pour l’adolescent.

De cette liste de mots en « able »,  découle la critique. Parce qu’il y a dépendance. Forcément.  Et dérives. Forcément aussi. Les arguments s’enchaînent. L’adolescent se coupe du monde, l’adolescent n’a plus de vie sociale, l’adolescent feinte en cours pour envoyer des sms.  L’adolescent est en connexion immédiate et constante avec son réseau. L’adolescent passe son temps à écrire. 

Nous passons ensuite à la phase: « moi de mon temps ». Je ne voyais mes amis que dans la journée. Il fallait que j’attende tout le week-end pour savoir si mes copines allaient bien. Si j’oubliais mes devoirs, je n’avais personne à qui demander! Si les livres à la bibliothèque étaient empruntés, je n’avais aucun moyen de travailler! … »

J’ai continué à écouter. Sans leur dire que leurs arguments se contredisaient.

Sans leur dire qu’un adolescent qui écrit, qui échange, qui se préoccupe de son entourage, qui se connecte au monde extérieur, qui cherche à récupérer ses devoirs, qui ne s’isole pas, qui développe son réseau social, qui a accès à masse de savoirs…n’est-ce pas un adolescent qui va bien?

Sans leur dire qu’un outil qui offre la possibilité dans le creux d’une main d’être connecté au monde entier, de donner un accès permanent et inépuisable au Savoir et à la Connaissance …n’est pas un bon outil?

Que l’alliance de cet adolescent et de cet outil peut engendrer une fusion incroyable de motivation, d’autonomie, de collaboration, de savoirs et de compétences?

Tout en les écoutant, j’ai allumé mon iPhone, consulté mes mails et pris le temps d’y répondre.

Et là, j’ai entendu « tu vois Laurence, tu es comme tous ces ados, à t’isoler avec ton internet! ». J’ai souri😉

A l’autre bout de « mon internet», il y avait David Cordina, directeur pédagogique de l’ @afmumbaï. Ensemble nous étions en train d’organiser la formation prochaine que nous animerons en Inde en décembre. Je n’ai pas essayé d’expliquer « encore » ce que « mon internet » m’offre chaque jour comme opportunité et ouverture sociales, culturelles, scientifiques, humaines plus inestimables les unes que les autres.

Bien loin de pervertir, asservir, de cloisonner, de restreindre, d’appauvrir ou d’isoler, le numérique permet des explorations incroyables. C’est ce que je tente de faire pratiquer à mes élèves pour la 4ème année: pousser les murs de l’Ecole, peut-être même les casser!, pour s’ouvrir sur le Monde. Pratiques alliées évidemment à l’Education. Parce que l’outil « internet » a de la valeur si on apprend à l’utiliser. 

L’Adolescent d’aujourd’hui écoute sa grand-mère lui expliquer qu’Internet c’est le mal. Elle devrait se reconnaître sur cette vidéo (ici). A l’époque, le mal c’était le Rock n’ roll ! Et elle aussi était pervertie, perdue: elle hurlait en écoutant ces agités, elle découvrait la télévision et rêvait de marcher sur la Lune !

L’Ecole: la toile à tisser n’est pas seulement numérique ! (retour sur #ludovia2012)

Le cru Ludovia 2012 ne ressemblera pas au cru 2011. Comme me le disait une participante cette semaine, il faut y être chaque année pour comprendre l’évolution des débats, des enjeux de la problématique éducation-numérique, pour ne pas en perdre le fil.
Parce qu’évolution cette année, il y a eu, et de façon flagrante.

J’avais quitté l’année passée Ludovia entre colère et dépit (raconté ici) avec cette impression que les mentalités ne bougeraient jamais. Je ne ressens pas ça cette année. Ni colère ni dépit mais au contraire de l’espoir! De l’espoir parce que ce qui semblait encore si fragile l’année dernière a été annoncé cette année avec certitude : le numérique DOIT faire partie intégrante de l’Ecole. La phrase est facile à dire, oui! Mais sortie de la bouche du ministre de l’éducation nationale, de celles de nombre d’enseignants (loin d’être geeks), de celles des élus, des collectivités, des instances de l’Ecole, de façon aussi consensuelle, collective et synchrone, c’est inédit! « Nécessité, obligation du numérique à l’Ecole » comme une urgence parce qu’on prend enfin conscience de l’importance à ne pas manquer ce « train ».
V. Peillon, lors de son intervention ( en vidéo ici )a même eu ces mots très forts « L école doit se saisir de cette révolution aussi importante que la revolution du livre ou la révolution industrielle« . Il aura fallu attendre 2012 en France pour entendre un tel discours mais on y est!

On y est mais que fait-on maintenant avec cette certitude? Pendant 4 jours on a pu entendre de nombreux discours sur cette volonté. Mais souvent je me suis dit en les écoutant : À quand ce lien fort et réel entre la grande orientation officielle et la concrétisation dans ce qui est la finalité de toute cette réflexion: l’enseignement en classe. J’entends parler d’innovation pédagogique, introduction au numérique, de décloisonnement, de personnalisation et je regarde, compare, réfléchis à ce que je vis en classe. Où est le lien? Qui fait le lien? Existe t-il un lien? Un enseignant primo-arrivant que j’ai rencontré hier me disait : » je découvre ici un autre monde ». Tant que le monde du numérique éducatif sera encore un autre monde, tant qu’on parlera d’enseignants geeks, tant que cette stigmatisation, cette différenciation sera encore déterministe des enseignants, nous n’y serons encore pas.

Mais nous savons tous aussi qu’une révolution ne débouche pas aussitôt sur un système démocratique, qu’il faudra encore passer par des années sombres, des années difficiles. L’annonce d’une réelle politique de développement du numérique à l’Ecole (je préférerais dire Éducation « tout court ») est une première étape essentielle. Mais elle ne doit à être l’unique étape!

J’ai été frustrée lors de Ludovia de ne pas entendre plus de témoignages d’enseignants impliqués dans des projets de développement du numérique à l’école. Lors du seminaire 4 sur les collectivites locales (ici) un enseignant puis la CTiCe (Mme Jauffret) ont spontanément temoigné de la politique éducative et numérique de la region Aix Marseille qu’exposait Éric Mazo. Pour dire « oui ça se passe comme vous dites, et lui c’est très efficace« . Ces témoignages là avaient grande valeur puisqu’ils concrétisaient soudain un discours qui n’aurait pu rester que technique.

Nous avions à Ludovia la chance d’avoir tous les acteurs de l’Ecole: enseignants, élus, fournisseurs de ressources, politiques, administrateurs de collectivités locales. Mais il a manqué ce moment où tous ces acteurs ont pu nous montrer le travail réalisé ensemble. Concrètement, les leviers, les freins, les tenants, les aboutissants d’un vrai projet de concertation et de réalisation pour la réussite de l’enfant grâce à l’école. Et quand je parle de réussite, je ne parle pas que de résultats scolaires. L’enfant qui réussit à l’ecole, c’est celui qui s’y épanouît, qui s’y sociabilise, qui s’ouvre. L’Ecole a pour vocation d’amener l’enfant à construire sa citoyenneté, à trouver sa place dans la société. Et de fait, c’est toute la Société qui doit s’atteler à cette tâche: du parent au politique, de la collectivité à l’enseignant. C’est ensemble que nous devons tisser des liens qui constituent la toile de notre Société. Quand je regarde la (longue) liste des personnes qui participent à concertation de l’école (ici ), je me me demande pourquoi il n’y a pas d’enseignant, celui sans aucun autre titre que « enseignant à plein temps » ? Pourquoi manque t-il cet acteur fondamental?

C’est une toile à tisser, et pas seulement une toile numérique !

From #Ludovia2011…to #Ludovia2012 !

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Demain, et ce pour la 3ème année, je partirai pour Ax les Thermes participer aux universités d’été du numérique : Ludovia (le programme est ici ). Invitée à participer, bloguer, rendre compter et favoriser l’interaction via les réseaux sociaux avec ceux qui ne seront pas présents in situ.

L’édition 2012 de Ludovia aura pour thème « plaisir et éducation numérique ».

J’enlèverais bien numérique à ce titre. Parce qu’il n’y a pas d’éducation sans plaisir tout court .
Lors de ma 1ère année d’enseignement, j’ai été mutée à 200 Km de chez moi, je laissais un mari débordé de travail et 2 bébés à la maison pour partir la moitié de la semaine. J’étais enfin enseignante, j’avais toujours rêvé de l’être mais ce rythme-là imposé dès le départ nuisait à la mise en route de la pédagogie comme je l’avais imaginée. Un jour, assise à une table de la très familiale salle des profs, je préparais un mauvais cours. Un vieux prof d’atelier me regardait faire, je lui ai soupiré ma non-motivation à l’annonce de ce cours et il m’a dit « mais si tu t’ennuies, comment veux-tu intéresser les élèves? Prépare un cours qui te plaît et ça leur plaira! ». J’ai déchiré mon morceau de papier et j’ai recommencé.

Ça fera 12 ans à cette rentrée que j’écoute ce précepte: n’enseigne que par plaisir.

Ludovia a pourtant raison d’associer « plaisir et éducation numérique ».
Voilà 4 ans que j’ai fait entrer le numérique dans ma pédagogie. Par hasard j’allais écrire mais en y réfléchissant, je commençais à tourner en rond dans ma salle de classe. J’avais eu LA mutation que j’espérais très vite, deux bébés de plus dans la foulée, des élèves extras, des conditions de travail extras…mais je m’ennuyais petit à petit : je venais d’avoir des élèves qui en demandaient plus, qui m’expliquaient comment allumer un ordinateur et ce qu’on pouvait faire de génial avec Internet! Alors je les ai suivis…avant qu’ils ne me follow sur Twitter!

Le numérique m’a apporté un nouveau plaisir. Renouvellement des supports, découverte d’outils, création d’un réseau professionnel ouvert en constante évolution mais surtout, SURTOUT: un renouvellement de ma pédagogie. Amener l’élève à une vraie place en classe, à le motiver, à l’engager, à le rendre autonome
dans ses savoirs et ses apprentissages…(tout est raconté ici
Ce n’est pas le numérique seul qui m’a amené sur ce chemin mais bien le plaisir à enseigner avec le numérique.

Quatre ans plus tard, je me sens encore une fois arrivée au bout du chemin du plaisir pédagogique que j’ai pris il y a 4 ans. J’aurai une nouvelle classe à la rentrée. Je ne sais pas encore par quel angle je vais aborder ces nouveaux élèves et avec quels supports. Je serai leur prof principale, ils seront mon unique classe. 9h avec 30 secondes qui inaugureront un nouveau bac pro (gestion administrative). Beaucoup d’inconnus qui me laissent pour le moment dans le flou. Vais-je tweeter avec eux? Utiliser Tumblr? Plutôt créer un groupe Facebook? Ou un Ning comme j’en ai envie depuis longtemps? Finalement, il n’y a que deux certitudes dans cette rentrée pleine de doutes: je ne me vois pas enseigner sans plaisir et sans le numérique !

Ludovia me permettra encore une fois d’amorcer ce plaisir, de me replonger encore une fois dans le numérique et comme tous les ans d’allier les deux ! Plaisir et éducation numérique! Le thème est donc totalement adapté !

J’espère, comme les (très!) nombreux blogueurs, tweeteurs et facebookeurs présents cette année, que nous réussirons à transmettre ce que nous vivons à Ax et à créer, favoriser les interactions.

Et pour comprendre quelle dynamique et quelle ambiance animeront pendant les 4 jours à venir cette petite ville d’Ariège, il n’y a qu’à relire mon billet de l’année dernière (ici)

Pour me retrouver sur les réseaux lors de cette semaine:
Twitter: @frompennylane
Facebook: Laurence Juin Pro
Tumblr: fromludovia2012.tumblr.com
La balise twitter : #ludovia2012

(une petite dédicace pour @batier @cnaux @marioasselin @jbayet, mes compagnons de la 1ère heure à Ludovia et qui n’y seront pas cette année. J’espère que nous créerons par nos tweets un manque à la hauteur de celui qu’ils créent par leur absence😉

À qui appartient le #hashtag sur Twitter ?

À qui appartient un hashtag sur Twitter? À personne évidemment!  L’utilisateur du réseau social n’est en rien « propriétaire, il publie, diffuse mais ne possède pas. Il est responsable de ce qu’il écrit, uniquement.

À « hashtag » , je préfère utiliser le mot balise non par souci de franciser à tout prix mais parce que je le trouve plus explicite. Les Québécois eux préfèrent « mot-clic »…Qu’importe! Nous utilisons ces # qui permettent de baliser un thème, un événement, une marque, une personne pour mettre en exergue ce mot que nous estimons clé dans le flux. Moyen aussi de pouvoir organiser une recherche dans ce flux ou de suivre en une colonne spécifique (sur tweetdeck ou hootsuite par exemple).
Des balises sont célèbres comme récemment #radiolondres pour les présidentielles.
J’utilise les balises lorsque je tweete avec mes élèves. Je les ai initiés à cette pratique et j’aime les entendre en début de séquence  » on utilise quelle balise? ».Moyen pour eux de s’organiser dans notre flux de tweets. Moyen aussi de s’organiser dans la progression de nos cours: je leur enseigne le français, l’histoire, la géographie, l’éducation civique et le projet! Une balise twitter, c’est aussi notre phare dans le grand océan des programmes😉 J’ai remarqué que mes élèves aiment réfléchir à la création de la balise. Moyen de construire, de définir un code et ne pas « subir » un réseau social. C’est moyen de s’investir, de s’impliquer, de s’y investir. On est dans le participatif ! Quand des tweeteurs extérieurs à notre cercle « enseignant-élèves » se l’approprient pour échanger et interagir avec eux, ils en sont d’autant plus ravis!

En cette fin d’année, nous avons lancé sur le temps de classe, hors temps de classe, en synchrone et asynchrone la balise #reviserlebac . J’ai développé les objectifs de cette activité dans un article de mon blog (ici).
Nous avons choisi la balise après avoir cherché si elle n’était pas déjà utilisée. C’est le principe quand on est dans la création d’une balise: une simple recherche dans une colonne permet de noter si la balise n’est pas déjà utilisée. Ça arrive régulièrement : parce que les événements, les projets qui amènent à la création d’une balise tournent souvent autour des mêmes thèmes : 2.0 , educ , num, TIC, politique…etc . Définir une balise originale permet d’éviter les télescopages et de « polluer » des balises qui ont été définis pour un autre projet.
#Reviserlebac n’était pas pris. Sûrement parce que nous avons démarré les révisions plus tôt que la frénésie générale et récurrente qui saisit médias, éducation et business autour de l’éducation en cette veille d’épreuves du bac!
Notre projet a plu, a été largement (ici le 1er article à l’évoquer ) relayé dans les médias et la balise a de fait été connue…et utilisée. Plusieurs fois. Pas toujours en rapport avec notre projet. Parfois clairement. La dernière fois c’est aujourd’hui, clairement récupéré pour des révisions de bac.
Que notre balise fasse « des petits » comme annoncé, c’est intéressant et valorisant pour notre projet. Mais notre balise #reviserlebac est clairement ciblée: nous l’utilisons pour les révisions du bac pro en français, histoire, géo et éducation civique…pas pour le bac général ! Nous n’avons pas les mêmes programmes, pas les mêmes objectifs, pas les mêmes épreuves, pas les mêmes élèves (on l’entend assez pour bien l’avoir assimilé ce discours ;)) . Donc un mélange de balise n’est pas cohérent.
Je l’ai expliqué au tweeteur qui m’a répondu que « la balise était généraliste » et que si nous ferions mieux, dans ce cas d’une balise réservée, de travailler avec des comptes privés.
Difficile de répondre au 1er argument de ne pas tomber dans le « c’est nous les 1ers ». Effectivement nous ne sommes pas propriétaires de la balise, nous ne pouvons revendiquer cette propriété.
Pour le 2ème argument, la réponse est claire: nous ne travaillons pas avec des comptes privés car nous sommes dans une démarche d’éducation à l’Internet et aux réseaux sociaux. Ce qui suppose des espaces ouverts pour être en situation réelle d’usages.
Le tweeteur a accepté de changer sa balise. À regrets je l’ai senti mais comprenant nos motivations.

Alors à qui appartient le # sur twitter? À celui qui y a réfléchi, qui l’a construit dans une démarche de lisibilité sur le réseau? Ou à tous les tweeteurs puisqu’à juste titre nous ne sommes, aucun, propriétaires?

Je tendrais à dire que plus que la question d’appartenance, ce sont les principes de respect, de concertation, d’échanges et collaboration qui priment.
Il n’existe pas de règlement officiel sur Twitter. Il existe des codes clairs qui permettent un usage pertinent du réseau (comme la balise). Il existe aussi des codes induits comme le respect de la citation, le remerciement etc.

Le respect de la production, de l’exploitation des balises me semble être un de ces « dress codes » qui font la renommée de Twitter. C’est pour ces valeurs que j’ai choisi ce réseau social dans ma démarche d’éducation aux réseaux sociaux avec mes élèves.