L’Ecole: la toile à tisser n’est pas seulement numérique ! (retour sur #ludovia2012)

Le cru Ludovia 2012 ne ressemblera pas au cru 2011. Comme me le disait une participante cette semaine, il faut y être chaque année pour comprendre l’évolution des débats, des enjeux de la problématique éducation-numérique, pour ne pas en perdre le fil.
Parce qu’évolution cette année, il y a eu, et de façon flagrante.

J’avais quitté l’année passée Ludovia entre colère et dépit (raconté ici) avec cette impression que les mentalités ne bougeraient jamais. Je ne ressens pas ça cette année. Ni colère ni dépit mais au contraire de l’espoir! De l’espoir parce que ce qui semblait encore si fragile l’année dernière a été annoncé cette année avec certitude : le numérique DOIT faire partie intégrante de l’Ecole. La phrase est facile à dire, oui! Mais sortie de la bouche du ministre de l’éducation nationale, de celles de nombre d’enseignants (loin d’être geeks), de celles des élus, des collectivités, des instances de l’Ecole, de façon aussi consensuelle, collective et synchrone, c’est inédit! « Nécessité, obligation du numérique à l’Ecole » comme une urgence parce qu’on prend enfin conscience de l’importance à ne pas manquer ce « train ».
V. Peillon, lors de son intervention ( en vidéo ici )a même eu ces mots très forts « L école doit se saisir de cette révolution aussi importante que la revolution du livre ou la révolution industrielle« . Il aura fallu attendre 2012 en France pour entendre un tel discours mais on y est!

On y est mais que fait-on maintenant avec cette certitude? Pendant 4 jours on a pu entendre de nombreux discours sur cette volonté. Mais souvent je me suis dit en les écoutant : À quand ce lien fort et réel entre la grande orientation officielle et la concrétisation dans ce qui est la finalité de toute cette réflexion: l’enseignement en classe. J’entends parler d’innovation pédagogique, introduction au numérique, de décloisonnement, de personnalisation et je regarde, compare, réfléchis à ce que je vis en classe. Où est le lien? Qui fait le lien? Existe t-il un lien? Un enseignant primo-arrivant que j’ai rencontré hier me disait : » je découvre ici un autre monde ». Tant que le monde du numérique éducatif sera encore un autre monde, tant qu’on parlera d’enseignants geeks, tant que cette stigmatisation, cette différenciation sera encore déterministe des enseignants, nous n’y serons encore pas.

Mais nous savons tous aussi qu’une révolution ne débouche pas aussitôt sur un système démocratique, qu’il faudra encore passer par des années sombres, des années difficiles. L’annonce d’une réelle politique de développement du numérique à l’Ecole (je préférerais dire Éducation « tout court ») est une première étape essentielle. Mais elle ne doit à être l’unique étape!

J’ai été frustrée lors de Ludovia de ne pas entendre plus de témoignages d’enseignants impliqués dans des projets de développement du numérique à l’école. Lors du seminaire 4 sur les collectivites locales (ici) un enseignant puis la CTiCe (Mme Jauffret) ont spontanément temoigné de la politique éducative et numérique de la region Aix Marseille qu’exposait Éric Mazo. Pour dire « oui ça se passe comme vous dites, et lui c’est très efficace« . Ces témoignages là avaient grande valeur puisqu’ils concrétisaient soudain un discours qui n’aurait pu rester que technique.

Nous avions à Ludovia la chance d’avoir tous les acteurs de l’Ecole: enseignants, élus, fournisseurs de ressources, politiques, administrateurs de collectivités locales. Mais il a manqué ce moment où tous ces acteurs ont pu nous montrer le travail réalisé ensemble. Concrètement, les leviers, les freins, les tenants, les aboutissants d’un vrai projet de concertation et de réalisation pour la réussite de l’enfant grâce à l’école. Et quand je parle de réussite, je ne parle pas que de résultats scolaires. L’enfant qui réussit à l’ecole, c’est celui qui s’y épanouît, qui s’y sociabilise, qui s’ouvre. L’Ecole a pour vocation d’amener l’enfant à construire sa citoyenneté, à trouver sa place dans la société. Et de fait, c’est toute la Société qui doit s’atteler à cette tâche: du parent au politique, de la collectivité à l’enseignant. C’est ensemble que nous devons tisser des liens qui constituent la toile de notre Société. Quand je regarde la (longue) liste des personnes qui participent à concertation de l’école (ici ), je me me demande pourquoi il n’y a pas d’enseignant, celui sans aucun autre titre que « enseignant à plein temps » ? Pourquoi manque t-il cet acteur fondamental?

C’est une toile à tisser, et pas seulement une toile numérique !

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