Twitter, Facebook: tous responsables !

Twitter est pointé du doigt ces temps-ci comme espace de diffusion de propos racistes, antisémites, haineux etc.

La question qui se pose pour Twitter est finalement à généraliser : Qui est responsable des propos émis sur le net? L’hébergeur? L’émetteur?

J’ajouterais celui qui semble être laissé de côté: le lecteur !

Ne perdons pas de vue que nous sommes lecteurs de ce que nous choisissons de lire. IL n’y a rien de subi.

Qui dit lecteur, dit choix de lecture. Au même titre que je n’ai jamais lu de livre révisionniste, je n’ai jamais lu de tweet antisémite puisque je choisis ce que je lis et qui je lis. Dois je pour autant nier que ça existe? Assurément non! Dans l’immense bibliothèque mondiale, je sais qu’il existe des textes racistes et haineux. Je connais le danger. Personne ne m’a jamais empêché de lire pour autant! Au contraire! Dois je alors me priver, priver mes enfants, priver mes élèves du net, du web 2.0, du réseau social par crainte que nous puissions lire des propos hors la loi et dangereux?

OUI ! Privons nous effectivement du net dans son ensemble. C’est une évidence SI nous ne nous éduquons pas, si nous ne nous responsabilisons pas dans cet accès. Comme nous avons appris à distinguer un livre révisionniste d’un livre d’Histoire, il faut éduquer sur ce qu’on lit sur Internet : éduquer l’adulte comme l’enfant !

Internet, le web 2.0 ont engendré une révolution que beaucoup sont en train de réaliser: nous sommes dans l’ère de la production écrite accessible à tous, émetteurs comme récepteurs. Dans le pire comme dans le meilleur, dans le plus futile comme dans le plus essentiel, dans le plus enrichissant comme dans le plus appauvrissant.  N’importe qui aujourd’hui peut écrire, publier, être lu et peut avoir soudain une tribune immense.

L’écrit était avant Internet réservé à l’élite: à « celui qui savait écrire » de l’écrivain au Professeur ou au journaliste.  A ce pouvoir intellectuel s’ajoutaient le pouvoir social et financier nécessaires à la publication.

Aujourd’hui du plus instruit à celui qui l’est le moins peut publier. L’accès est facile et libre.

Aujourd’hui une mère de famille britannique peut écrire, s’auto-publier sur Internet et avoir vendu plus de 50 millions de livres en 2012 ! Ou une jeune fille peut vendre 130 000 albums après avoir publié une vidéo sur Youtube !

Cette fabuleuse tribune d’expression libre qui bouscule tous nos principes occidentaux de maîtrise du Savoir et de la publication ne doit pas faire oublier pour autant que nous sommes RESPONSABLES de ce que nous émettons ET de ce que nous recevons.

La tendance actuelle serait à la déresponsabilisation de la personne: sur le net comme dans le quotidien. La notion de citoyenneté s’étiole.  Nous sommes entrés dans un processus de victimisation. C’est le cas pour ce qui se passe sur Twitter. Si je suis abonnée à un compte Twitter qui véhicule des propos haineux, ne suis je pas responsable moi aussi? Par mon abonnement, ne suis je pas en train de l’encourager à tweeter encore sur le même thème? Ces comptes n’existent que parce qu’ils ont des lecteurs.

Nous ne pouvons pas agir contre cette liberté d’expression mais nous pouvons réagir. Il ne s’agit pas de diaboliser ou de se victimiser: Interdire Twitter à cause de ces propos? Un autre support naîtra, encore plus puissant et qui démultipliera la Haine qu’on a tenté d’étouffer.

Je milite pour une éducation au web 2.0 parce que l’Education permet de ne pas subir.

Ce que mes « amis » Facebook et mes « abonnés » Twitter écrivent sur mon mur ou sur ma TimeLine m’engagent puisque je m’engage à le lire.

Mon mur Facebook rassemble des « amis » éclectiques, ce qui suppose idées et prises de position qui ne sont pas toujours les miennes.  Si j’accepte des personnes sur mon Facebook  qui ne partagent pas les mêmes idées que moi, je m’octroie le droit de le dire et de commenter les leurs.  Si nous sommes sur un espace de partage et d’interactions, j’entends faire vivre cet espace. Quand une opinion, une idée émise me dérange, m’interroge, je rédige un commentaire.  Dans l’idéal, j’imagine que de ma publication ou de mon commentaire naîtront des discussions, des échanges, une confrontation d’idées. C’est souvent le cas et j’aime cet enrichissement : donner/prendre un avis autre, se faire bousculer dans ses positions, tenter de convaincre et juste accepter qu’on ne pense pas tous de la même façon!

Un « ami » , avec qui je ne partage pas les mêmes idées politiques, m’a indiqué:  « si ça ne te plaît pas, ne soyons plus en contact sur Facebook » augmenté d’un « je ne commente pas tes opinions, fais de mêmes avec les miennes ».

S »il ne s’autorise pas à commenter mes prises de position, à quoi sert que nous soyons en lien sur Facebook? Il utilise Facebook comme un espace de déclaration d’idées, aime les partager avec ceux qui les partagent mais refuse ceux qui ne vont pas dans son sens. La richesse de mon réseau social comme je me le définis ne tient plus.

Ce que mon réseau social du Net apporte en plus à mon réseau social, c’est une tribune. Permettre à chacun d’écrire, de s’exprimer, d’échanger. Si ça devient un espace « brimé » et subi, il ne m’apporte plus rien.

Je pose mon cadre, je fixe mes règles, j’accepte qui je veux comme ami, je tolère les idées différentes des miennes tant qu’elles restent dans le cadre légal et non haineux, j’accepte les commentaires comme je m’octroie le droit de commenter, de ne plus être « amie »… : Voici ma charte d’usages des réseaux.

A chacun de fixer la sienne: il s’agit d’être responsable, actif, citoyen du web comme on est dans le quotidien! …et d’éduquer à l’être !

A écouter : la chronique radio de Guy Birembaum sur le même sujet ici 

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