Ah si Brigitte Fossey avait eu un compte Facebook !

Samedi, 22 h, j’attendais dans ma voiture que mon ado (14 ans) sorte de la maison de sa copine, une certaine Marilou. Nous sommes passés pour la première fois des anniversaires de l’après-midi à ceux de la fin de l’après midi-début de soirée. Je n’ai pas eu le droit de sonner EVIDEMMENT chez la dite MariLou !  Je sais pourtant à quoi elle ressemble, j’ai réussi à me faire une idée de la copine inconnue bénissant soudain ces ados qui laissent leur profil Facebook ouvert 😉

Alors j’attends dans le noir dans ma voiture et soudain je pense à Brigitte Fossey et Claude Brasseur dans la Rancho familiale à attendre que « Vic’ « sorte de sa 1ère boum! A Claude Brasseur hurlant comme les autres parents car aucun ado ne quitte la fête à l’heure prévue.

Contrairement à Claude Brasseur, je ne peste pas longtemps sur son retard : je sors mon iphone pour envoyer un sms « je suis dehors et t’attends ». Je le vois aussitôt sortir, bénissant nos téléphones portables !  

Ah si Brigitte Fossey avait eu Facebook et Claude Brasseur un iphone me dis-je! Ils auraient perdu moins de temps, se seraient moins inquiétés!

Précédemment, entre 18 et 22h, nous avons échangé avec mon Ado deux sms. Il faut dire que l’anniversaire de Marilou rivalisait avec la finale de la Hcup. Dilemme pour l’Ado-rugbyman : MArilou ou Clermont-Toulon? Heureuse qu’il ait choisi le rapport humain à la télé sportive, je lui envoie un sms annonçant le score final. Notons qu’il ne m’avait rien demandé. Accompagné d’un « tout va bien?», celui de la maman qui s’inquiète (une maman quoi 😉  . L’Ado répond d’abord d’un OK pour le résultat du match puis d’un OUI pour son état de santé.

Ce OUI a clos notre non-conversation et je me dis qu’il a bien raison l’Ado laconique!  Quand il entrera (à l’heure!) dans ma Rancho voiture,  il me racontera ce qu’il souhaite de sa soirée.  Il demandera ensuite à son père de lui raconter le match.

On évoque-déplore-se plaint-se lamente très souvent de l’hyper-connectivité des adolescents.  Mais Quid des parents?

Mes deux ados ont un compte Facebook, nous y sommes « amis ».  Je suis aussi amie avec leurs deux meilleurs amis. J’ai aussi les codes d’accès à leurs comptes « au cas où ».   C’étaient les conditions sine qua none pour qu’ils puissent avoir un compte avant leurs 13 ans.

Ils ont chacun un téléphone portable et j’ai aussi leurs codes d’accès « au cas où ». Condition sine qua none. Encore!

Nous avons accès via le site de leur collège à leurs cahiers de texte en ligne et à leur relève de notes au jour le jour. Nous le consultons « au cas où ».

Quand mon fils est amoureux, il dit à sa copine « surtout ne mets rien sur nous sur Facebook, ma mère pourrait le voir« .

Quand ma fille rentre et m’annonce toute fière un 18/20 en géo, elle râle que je lui dise « je sais j’ai vu sur ton relevé ».

Quand sa prof note sur le relevé de notes en ligne par erreur un 0/20 au lieu de 10, l’ado se fait incendier. La prof corrigera rapidement son erreur de frappe, l’ado rumine l’incendie qu’il n’avait (pour une fois!) pas allumé!

Brigitte Fossey aurait bien aimé consulter les notes de sa fille sur Gépi et comprendre (avant que Bernard Giraudeau ne l’appelle) que sa fille ne bossait pas son allemand.

Claude Brasseur aurait aimé que sa fille ait un portable pour qu’elle l’appelle en pleine nuit sous la pluie alors qu’elle venait de rater son bus avec Pierre Cosso!

Avec Facebook, Denise Grey n’aurait pas eu besoin de prendre des photos de Mathieu,  planquée derrière un poteau à la sortie du collège pour que son arrière-petite-fille ait une photo de son amoureux!

Et Sophie Marceau aurait su que ses parents rentraient plus tôt de voyage si elle avait eu un portable. Pénélope l’aurait appelé et elle ne se serait pas faite piéger en sortant de chez Pierre Cosso !

La boum et la Boum 2 sont sortis sur les écrans en 1980 et 1982.  Les rapports que nous entretenons avec nos adolescents ont profondément changé en 30 ans.   Les réseaux sociaux, les nouvelles technologies, les outils numériques modifient les rapports adolescents-adultes. Quelle part de l’espace personnel de nos enfants pouvons-nous occuper?

Je l’avais évoqué dans un précédent billet à propos de ma posture adulte sur les réseaux. Nous devons aussi nous demander, nous adultes, quelle place nous pouvons nous accorder dans l’espace adolescent. Le relevé de notes en ligne, l’accès au compte Facebook, l’hyper-communication sont-ils nécessaires ou intrusifs?

Dois-je lire ce que mon Ado et ses amis postent sur son mur Facebook? N’est-ce pas aussi intrusif que de lire une lettre d’amoureuse oubliée dans une poche de jean ou une page de journal intime?

Le numérique rend public  ou au moins accessible ce qui ne l’était pas du tout avant:  Il facilite aussi la communication. Mais l’accessibilité présuppose, pré-impose-t-elle pour autant accès?

Mes deux ados ont désormais plus de 13 ans, l’âge de raison sur Facebook? A suivre…ou pas? « au cas où »

la boum montage

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