J’ai 37 ans et j’ai peloté avec @batier : retour sur trois jours à #ms_sevres11

J’ai trente-sept ans et j’ai peloté avec @batier  !

Pour ceux qui me lisent sur Facebook et Twitter, j’ai relevé cette anecdote ces derniers jours.

Jje participais au CIEP de Sèvres à médias sociaux à la demande de Christophe Batier.

Qui « tisse » et tweete connait forcément les PELOTES De LAINE de @batier. J’ai découvert Batier et ses pelotes lors de Ludovia2010 : je l’ai repris en cours (ici ) comme @vpaillas et @pnodenot (ici ) .

L’idée c’est de faire visualiser à une assistance ce qu’est un réseau social et son maillage. Comprendre qu’on est tous liés par de l’implicite que le réseau social met en exergue.

Exemple : sur ma time line, il y a @pgarrat , @fplanchette et @swayb . Quels sont nos liens implicites ? Nous habitons tous à ou autour de La Rochelle, nous sommes supporters du Stade Rochelais Rugby et nous aimons nous retrouver autour d’une table pour une bière (ou un coca 😉 . Twitter a révélé ces liens que nous tendons, détendons, renforçons et parfois, parce qu’ils sont trop faibles, abandonnons. Sans le réseau twitter, bien qu’habitant près les uns des autres, nous n’aurions jamais échangé.

Mercredi, à ma demande, Christophe a commencé son atelier « réseaux sociaux » par cet exercice qui a l’avantage de créer aussi un lien de salle : être relié par un fil de laine, c’est communiquer, interpeller, échanger, rire, se tromper, se mélanger les fils. L’exercice est visuellement et symboliquement très fort.
Et il l’a aussi commencé par « si Twitter n’existait pas, Laurence et moi ne nous connaîtrions pas ».
Il est Directeur Technique du service TICE de l’Université Lyon1 et moi enseignante de lettres-histoire en lycée pro à La Rochelle !
Par se connaître, il supposait : échanger sur nos pratiques, c’est écouter l’autre, c’est apprendre de l’autre. Ajoutons qu’on aime se retrouver autour d’une table pour bien manger , rire et parler rugby ! Ce sont les liens implicites qui nous réunissent mis en exergue via Twitter et Facebook.
Avant Ludovia cette année ,Christophe tweetait sur sa découverte de Google + et combien il trouvait l’outil formidable. Je lui ai répondu que je ne m’y étais pas encore mise. Arrivés à Ludovia, on s’est assis autour d’un table et d’un café au Couloubret et il m’a initié à l’outil. D’autres ludoviens se sont agrégés parce qu’il ne s’ag L’exercice est visuellement et symboliquement très fort.
IL ne s’agit pas de garder pour soi : plus on collabore, plus on mutualise, plus on apprend, plus on échange. Je suis repartie avec une formation à Google + (mais toujours pas convaincue 😉 . Si je n’ai pas grand-chose à apprendre à Christophe des TICE, il écoute, lit et réfléchit aussi à mes pratiques de classe dans la même optique d’apprentissage et de réflexion.

Durant ces trois jours au CIEP , nous avons échangé, tissé, mutualisé, réfléchi à ces liens implicites et enclenché une réflexion sur nos pratiques : sans cloisonnement, sans restriction.

Dans la grande bibliothèque « très old school « dans l’ancienne manufacture de Sèvres mais reliés par des réseaux qui mettent à plat bien des murs : murs spatiaux (David Cordina en Inde suivait et intervenait dans nos échanges) , murs temporels (les échanges sont anté , post et a-synchrones ) , murs sociologiques aussi (de la prof de lycée pro au doctorant, l’Ecole au sens le plus large ! )

IL ne s’agit pas d’être sur un réseau social mais bien de définir ce qu’il va nous apporter et ce que nous allons apporter aux personnes avec qui nous allons interagir !

L’enseignante, le journaliste et les réseaux sociaux


Présentation

Laurence Juin : enseignante de français, histoire-géo et éducation civique en lycée professionnel à La Rochelle, a introduit l’usage des réseaux sociaux dans sa pédagogie depuis septembre 2009.

Jean-Christophe Dupuis-Rémond : enseignant en webjournalisme à l’Université de Metz et journaliste spécialisé, pilote depuis septembre 2010 la cellule web de France 3 Lorraine où il défriche interactions et nouvelles écritures journalistiques.

Présents et très actifs sur les réseaux sociaux, en particulier Twitter, nous suivons nos avancées et réflexions réciproques dans l’usage des réseaux sociaux: Jean-Christophe en journalisme, Laurence dans l’éducation. A la lecture de nos tweets, de nos blogs, de nos expériences et interactions partagées (Jean-Christophe est intervenu dans la classe de Laurence pour la rédaction d’une Charte Facebook), nous constatons régulièrement que nous sommes confrontés aux mêmes problématiques d’usages.

Dans ce billet, nous comparons chacun nos pratiques des réseaux sociaux, les leviers qu’ils déclenchent, les freins qu’ils supposent avant de mettre en perspective les améliorations à apporter pour les amplifier quantitativement et qualitativement.

Il s’agit ici de proposer un état des lieux pour dresser un constat comparatif global : les problématiques d’usage des réseaux sociaux sont-elles les mêmes en éducation comme en journalisme ?

1) L’usage des réseaux sociaux: quels besoins identifiés?

 a) Dans l’enseignement   

Le constat est fort : La CNIL par son rapport paru en ce mois de septembre 2011 pointe sur l’explosion de l’usage des réseaux sociaux chez les adolescents et pré-adolescents : le web 2.0 est devenu une des ou la pratique principale de l’internet chez les jeunes.

Ce rapport pointe aussi sur l’ignorance des adolescents comme de leurs parents vers un usage raisonné de ces réseaux : on constate la défaillance de l’éducation familiale/parentale par ignorance: les adultes ont découvert en même temps que leurs enfants ces usages de l’Internet. C’est un fait nouveau dans nos sociétés modernes : Internet est une pratique intergénérationnelle que nous découvrons tous en même temps avec peu de recul. Les adultes (la famille comme l’école) découvrent en même temps que les enfants sans que personne n’y soit éduqué ou formé (dans la sphère familiale, éducative et professionnelle). La seule formation que l’adolescent reçoit pour le moment (hormis quelques cas exceptionnels dans un cursus scolaire ou par des parents “geeks-éducateurs”) vient du grand frère ou copain qui transmet le fonctionnement mais pas l’éducation citoyenne de l’outil.

Les problèmes rencontrés sont donc récurrents: diffusion de propos, de photos qui peuvent porter préjudice à l’ “Autre”.  Aucune valeur ou conscience ne sont réellement données à l’écrit ou à la photo publiés.

Ajoutons un effet médiatique désastreux de l’image des réseaux sociaux (focus sur les apéros Facebook au printemps 2010) qui appuie l’idée que le réseau social n’a pas sa place à l’Ecole et encore moins dans la pédagogie. Seule la face négative des réseaux sociaux est mise en avant.

Les besoins sont donc clairement identifiés : L’Ecole a comme vocation d’éduquer l’élève à la citoyenneté et à la citoyenneté numérique: L’éducation à l’internet formait jusqu’ici au fonctionnement, elle doit désormais former aux usages. Ne pas éduquer les élèves aux réseaux sociaux par un enseignement du Web 2.0 et en particulier des réseaux sociaux, c’est ne pas les éduquer à leur usage majeur de l’Internet

Le blocage quasi généralisé des réseaux sociaux à l’Ecole découle de ce constat de dérives. Mais bloquer n’éduque pas =  L’Ecole est ici défaillante dans son rôle d’éducation civique et sociale.

B) Dans le journalisme

Selon la dernière étude Nielsen (septembre 2011), 4 utilisateurs actifs de l’internet sur 5 naviguent sur les blogs et les réseaux sociaux, tandis que la consommation de l’internet mobile est en pleine expansion.

Il pourrait donc sembler logique que les journalistes, au minimum pour rester en synergie avec les usages de la société, s’emparent de ces outils dans le cadre de leurs activités professionnelles : veille, recherche et diffusion spécifique d’informations pertinentes. Mais également en empruntant de nouveaux chemins dans la circulation d’information : couverture synthétique d’événements en direct (livetweet, coveritlive, ustream, qik) ou quasi-direct (twitpic, twitvid) par des journalistes spécialistes du sujet traité,  interactions avec les internautes pour approfondir et/ou débattre d’un thème d’actualité (à l’exemple du rendez-vous interactif 13 avec vous de France 3 Lorraine).

S’approprier ces nouveaux outils, c’est aussi aider le public à y être sensibilisé, à en comprendre l’usage et à les identifier comme de véritables vecteurs journalistiques : dans ce flux continu de textes, d’images et de son déversés par les réseaux sociaux, où aller chercher les véritables informations, comment identifier les comptes pertinents.

A condition toutefois que les journalistes prennent cette voie sans se sentir contraints de le faire et en gardant pour ces usages cette curiosité qui est l’une des qualités première du reporter.

II. L’usage des  réseaux sociaux:  les leviers constatés

 A) Dans l’enseignement

L’usage de réseaux sociaux tels que Twitter et Tumblr depuis deux ans m’ont permis de favoriser  une meilleure communication- collaboration – implication des élèves et la communauté éducative dans les projets de classe. Les interactions et l’interactivité se sont instituées de façon horizontale comme verticale (élève/élève élève/prof, prof/prof)

Une vraie réflexion de  l’élève sur ses usages du Web 2.0 à l’Ecole comme dans sa sphère personnelle est engagée : définir son identité numérique positive en par les choix de son avatar, de sa biographie, de la ligne éditoriale qu’il veut donner à ses écrits…

Exploiter ces nouveaux supports numériques qu’offre  le Web 2.0 permet une ouverture de la classe bien au-delà des murs physiques et des représentations mentales restreintes de l’élève. Des échanges, des discussions, des projets se construisent: c’est la formation d’un vrai réseau culturel, informatif et pré-professionnalisant qui se met en place par le biais de ces outils.

B. Dans le journalisme

Utiliser de façon intelligente les réseaux sociaux peut permettre à tout journaliste de conserver (ou de remettre) un pied dans le réel. Tant il semble aux citoyens que ceux qui les informent sont parfois très éloignés de leurs réalités. Agriculteurs bretons responsables des algues vertes, jeunes de banlieues dealers de drogue ou cyclistes forcément dopés sont, par exemple, autant de clichés qui semblent s’être durablement installés dans les rédactions. Au point que proposer un autre point de vue en allant vraiment fouiller sur le terrain et en échangeant avec les internautes pour trouver d’autres sources que les sacro-saints référents systématiquement convoqués dans les grands-messes éditoriales est devenue une gageure. C’est pourtant là l’un des aspect les plus importants à prendre en compte à travers l’usage journalistique des réseaux sociaux : un apport multi-sources, direct et non cadré permettant au journalisme de rompre avec sa tour d’ivoire, cet isolement progressif qu’il s’est construit en réaction à un monde baignant dans la communication permanente et dont il prétend rester le phare, contre vents et marées.

Le risque n’est pas mince en prenant cette  voie : celui d’une confrontation directe avec le citoyen parfois au moins aussi connaisseur du dossier traité, si ce n’est plus… Un risque auquel, hormis les localiers, les journalistes sont de moins en moins exposés, parfois même souhaitent de moins en moins s’exposer. En ouvrant la voie de la gestion de communautés (Facebook et Twitter) à France 3 Lorraine, j’ai très vite été confronté avec ces échanges parfois très directs, parfois très violents mais toujours enrichissants une fois le 1er choc passé. Et souvent ils m’ont permis d’alerter un collègue sur une imperfection dans son reportage ou simplement d’alerter sur un fait qui nous avait échappé, renseigné par une source dont j’ignorais jusqu’à l’existence mais qui elle suivait de très près notre activité sur la toile.

Une plus forte réactivité et une simplicité pour la couverture d’évènements à travers des dispositifs existants (géolocalisation, couverture live) ou qu’il nous a fallu développer (sites internet évènementielles, player intégré) sont des marqueurs forts pour dire au public : “nous sommes en phase avec vos usages, nous vous en proposons même de nouveaux, appropriez-les vous et dites-nous comment les améliorer”.

Mon constat aujourd’hui est qu’en jouant régionalement la carte de la présence de notre antenne sur les réseaux sociaux, un autre public a rejoint la sphère de diffusion de France 3 Lorraine. Composé en partie (20% si je m’appuie sur la notion d’âge apportée par les statistiques de notre page Fan Facebook) par nos téléspectateurs, il est surtout plus jeune (72% de 18-45 ans) et plus exigeant car non captif. C’est à nous de le conserver à travers des propositions quotidiennes concrètes : info-services, sollicitations, interactions relayées par des diffusions de commentaires, photos, webcams et vidéos dans nos programmes (Lorraine Matin) et nos fenêtres d’information (13 avec vous), breakingnews, etc. Sans pour autant l’inonder d’informations et tout en définissant quelles informations donner sur quel réseau social.

Partis de rien en septembre 2010, notre page Facebook et notre fil Twitter sont aujourd’hui identifiés régionalement comme des flux d’informations pertinents et commencent à se faire une place au niveau national, voire international sur des couvertures événementielles spécifiques (Festival du film fantastique de Gérardmer, Lorraine Mondial Air Ballons).

III L’usage des réseaux sociaux : les freins identifiés  

A. Dans l’enseignement

La réticence dans l’usage des réseaux sociaux en classe se rencontre à deux niveaux :

Pour l’Education nationale:

– une réticence par manque de connaissance sur le sujet. Peu d’enseignants sont initiés au web 2.0 et plus largement aux TICE même s’ils le pratiquent de façon personnelle.

– L’éducation est perçue de façon traditionnelle: “la meilleure éducation est celle reçue par papa et maman”. Le retour aux valeurs traditionnelles sûres (comme la préconisation de la morale à l’école…) n’incite pas au développement des TICE et encore plus des réseaux sociaux en classe.

L’internet et en particulier le web 2.0 font peur et à juste titre s’ils sont mal connus, s’ils sont mal maîtrisés.

Le constat est le même pour les élèves :

La notion d’espace personnel : l’usage personnel et la part majeure que le réseau prend dans leur vie sociale ne suppose qu’ils veuillent pour autant le transposer en classe. C’est une part identitaire de l’élève dans laquelle, s’il  le désire, y côtoyer des adultes (enseignants, parents…) : mais le réseau social représente pour lui une sphère sociale privée. C’est son espace de plaisir, de loisirs, de dérives aussi: la perspective sérieuse, réfléchie que suppose l’intrusion de l’éducation dans cet espace ne lui convient pas.

Un espace qui n’est pas sérieux: l’adolescent est réaliste sur ses usages des réseaux sociaux: ils jugent eux même leurs usages (textes, photos, vidéos) sans règles, sans fond, dégradants. C’est antinomique avec l’image de ce que doit leur apporter l’Ecole: cadre de règles, apport de savoirs, respect de l’autre. Si elle est défaillante dans ces apports, l’Elève lui rappelle. Lui a droit de s’y opposer mais l’Ecole doit être infaillible dans ses devoirs.

Les enseignants comme les élèves ne voient pas pourquoi et comment utiliser ces outils web 2.0 dans l’éducation. Associés à des dérives réelles et à une image fantasmée du “mal” le réseau social est cloué au pilori.

B. Dans le Journalisme

Ce n’est pas le moindre des paradoxes : les journalistes supposés être curieux et ouverts au monde sont parmi les plus réticents à l’abord d’internet et à l’usage des réseaux sociaux, dont bien peu d’entre-deux connaissent le fonctionnement et les usages. Se coupant ainsi volontairement de toute possibilité d’appréhension différente de la société et du quotidien des citoyens. La vision qui prévaut aujourd’hui est celle matraquée dans les écoles de journalisme appuyée sur de vieux fondamentaux indispensables comme la vérification des sources mais qui rejettent le plus souvent l’internet au motif que rien n’y est vérifiable. Ce qui est à tout le moins une méconnaissance grave de ce qu’est l’internet et de (ce) qui s’y expose…

Plus que la fainéantise d’aller fouiller sur la Toile (argument que j’entends régulièrement, qui n’est pas totalement faux, mais certainement pas la raison première de l’attitude actuelle d’une grande partie des journalistes), c’est sans doute dans une certaine technophobie (je suis un intellectuel, pas un manuel pousse-boutons-photographe-vidéaste, c’est bon pour les débutants shivas) et dans la peur de la vitesse non-maîtrisée de la circulation de l’information multi-format, qu’il faut chercher la forte prévention que connaissent aujourd’hui les rédactions écrites et audiovisuelles. Je généralise bien sûr. Mais pas tant que cela.

La volonté de garder le temps de la réflexion et la maîtrise du timing de délivrance de l’information après les nécessaires vérifications conforte le journaliste dans l’idée -un peu prétentieuse- qu’il est le seul juge de paix à même de décider quand un fait avéré devient une information à laquelle a droit le public. Prendre la voie de l’internet, à l’image de monsieur-tout-le-monde-se-désignant-journaliste-citoyen, c’est en soi désacraliser la fonction journalistique dont le caractère indispensable est gravé dans le marbre de la Constitution et de la DDHC.

Mais pour ceux qui refusent la mort du journalisme en faisant le choix de se lancer dans l’aventure, les choses ne sont pas simples lorsqu’il s’agit d’intégrer les réseaux sociaux dans la pratique quotidienne.

Quel réseau pour quel usage ? Facebook, Twitter, Quora, Bing, Google+, LinkedIn, Viadéo, MySpace, Deezer, Live Messenger ? Chacun a ses spécificités. Et les usages sont parfois aussi culturels. S’appuyer sur un modèle anglo-saxon n’est pas forcément judicieux.

Et comment définir les frontières de cet usage quand deux services souhaitent s’approprier l’outil ? De la rédaction ou du service communication, qui a le dernier mot ? Avez-vous remarqué que dans les médias, le nombre de poste ayant internet et les réseaux sociaux sous leur responsabilité  sont le plus souvent occupés non par des journalistes mais par des hommes et des femmes issus de la communication et du marketing… Sont-ils à même de garantir la justesse d’une information délivrée ? Savent-ils même ce qu’est, journalistiquement parlant, une information ? Un média sur la toile, dans son expression des réseaux sociaux, doit-il être aussi un outil de propagande ?

Quant à l’argument -si souvent opposé à celles et ceux qui souhaitent faire la part belle à leur média sur les réseaux sociaux- du modèle économique non assuré, que répondre d’autre finalement que lorsque la presse écrite est apparue, son modèle économique n’était pas plus assuré ! Et que c’est notamment la qualité de l’information délivrée, l’identité de ceux qui la rédigeaient, qui petit à petit ont provoqué une appétence telle que faire vivre un journal et en vivre devenait une pensée raisonnable.

Bien malin toutefois celui qui peut affirmer que l’Histoire va se répéter. Sans doute faut-il innover encore en s’appuyant sur des leviers en création, comme les normes permettant la diffusion sécurisée d’informations en situation de mobilité. Mais personne ne peut imaginer aujourd’hui que le journalisme et l’internet puisse vivre en s’ignorant.

Dès lors, c’est à l’étape suivante qu’il faut passer, celle de la formation des journalistes. Par qui, comment, avec quels outils ? Des questions fondamentales qui doivent accompagner une révolution des esprits dans les écoles et les rédactions : il faut passer désormais du don de l’information à l’échange d’informations et au débat sur l’information : du 1.0 au 2.0.

Et préparer le 3.0 : là où le journaliste-facilitateur de dialogue s’efface derrière le dialogue qu’il a créé entre internautes à partir d’une info vérifiée et diffusée et sur laquelle il doit conserver un œil afin de l’enrichir du contenu du débat initié.

IV. L’usage des réseaux sociaux: quelles améliorations envisager?

a) Dans l’enseignement

Pour convaincre de l’utilité de l’outil, il faut prouver et se démarquer: l’usage du réseau social en classe ne doit pas être utilisé comme une fin en soi. IL n’est qu’un outil à insérer dans un projet pédagogique.

Les règles, les garde-fous doivent être clairs et définis avec l’élève, avec la communauté éducative, administrative et avec les parents.

La première finalité de cet usage doit être l’éducation à l’internet et en particulier au Web 2.0.

Eduquer à l’internet en classe aujourd’hui sans éduquer au Web 2.0 et en particulier aux R.S. est un manque important dans l’éducation à la citoyenneté et citoyenneté numérique de l’élève.

Ces usages ne se feront pas sans une vraie vulgarisation des TICE à l’école qui passe par la formation des enseignants; par celles des élèves, par un matériel correct mis à disposition en classe et sans une vraie prise de conscience générale quant à l’éducation obligatoire à l’Internet.

B. En journalisme

Pour les journalistes, il est indispensable de balayer les fantasmes sur les dangers à utiliser et à être présent sur les réseaux sociaux. Des fantasmes qu’ils relaient trop souvent, par méconnaissance de ces outils nouveaux. Il convient dès lors d’expliquer, montrer et expérimenter, en temps réel, dans chaque rédaction, pour convaincre de l’utilité des réseaux sociaux.

Instaurer ce dialogue c’est aussi construire le journalisme de demain même si les contours en sont flous en raison de l’appropriation possible de l’outil par chacun pour peu qu’il dispose d’un accès à l’internet et de l’envie de partager ce qu’il vit, voit ou ressent.

Ce dialogue doit s’accompagner d’une réflexion approfondie sur les pratiques journalistiques : comment gérer l’urgence (Comment se positionner face à la multitude de smartphones de témoins sur un événement ?), le risque de manipulation (ce compte Twitter est-il un compte officiel ?), les critères de la délivrance d’informations (on donne d’abord, on affine et/ou on corrige ensuite ?).

De même, l’élaboration d’une charte est nécessaire pour préciser les frontières entre la présence professionnelle et la présence personnelle sur les réseaux sociaux. Or face au développement de la soi-disant assimilation par le public d’un journaliste à son média, trop de responsables de rédaction (souvent non-journalistes, la plupart du temps très déconnectés de la réalité de la Toile) préfèrent ouvrir une multitude de parapluies en interdisant toute parole personnelle ou en la menaçant implicitement à travers des textes très sclérosants. C’est le syndrome du “tout tweet pourra être retenu contre vous” gommant à la fois les principes fondamentaux et constitutionnels de la liberté d’expression, de la liberté d’opinion et du droit à l’information.

Tout en oubliant qu’au regard du droit français, un journaliste l’est car il reçoit plus de 50% de ses revenus par son activité journalistique et non parce qu’il travaille pour un média reconnu. En France on est d’abord journaliste tout court avant de l’être pour tel ou tel média. Donc on peut éventuellement aussi critiquer son média, y compris sur les réseaux sociaux.

Conclusion : la même problématique en journalisme qu’en éducation

– Les possibilités qu’offrent les réseaux sociaux sont immenses : flux d’informations, ouverture au monde, interactivité et interactions  qui permettent pour la 1ère fois une vraie implication de l’élève et du spectateur (internaute, auditeur, lecteur, téléspectateur) qui devient spect-acteur , tout cela permet de briser une barrière mentale forte: le journaliste comme l’enseignant détiennent “la” vérité “ et sont au-dessus de celui à qui ils diffusent l’information/diffuse le savoir.

– Ce qui ne suppose pas pour autant la dégradation de la valeur enseignante et journalistique : ces professionnels savent traiter les informations et les savoirs, ce sont des compétences qui s’apprennent et ne sont pas accessible à tout le monde. On n’est pas enseignant parce qu’on a gravi les échelons jusqu’à devenir manager ou parce que l’on est un élève riche d’un savoir fraichement acquis. On n’est pas journaliste parce que l’on diffuse une information. On est journaliste parce qu’on sait la chercher, la sourcer, la vérifier, la délivrer de la façon la plus appropriée. On est enseignant parce que l’on est formé à enseigner des savoirs en employant une pédagogie adaptée.

– La nécessité de poser des règles, des garde-fous, d’instituer des chartes est impérieuse : l’avènement des réseaux sociaux dans le journalisme comme dans l’enseignement ne doit pas conduire à la dégradation de ces métiers et des valeurs, savoirs et compétences qu’ils sont censés véhiculer. Même si c’est parfois à l’aveugle que les usages en sont définis en raison de leur nouveauté : “apprendre en marchant”.

Mais ne pas utiliser les réseaux sociaux, nier jusqu’à leur existence sur le plan professionnel est à terme une erreur:

– en journalisme parce que les réseaux sociaux sont déjà dans certains pays le premier vecteur d’information

– en enseignement : parce que l’école a un devoir d’éducation aux médias et à l’internet : le Web 2.0 et les réseaux sociaux  y ont désormais une place prépondérante.

Pour le journalisme, comme pour l’enseignement, les réseaux sociaux, bien plus qu’une mode à suivre parfois maladroitement (création de comptes Twitter rapidement délaissés), sont un outil multiformes et multi-plateformes à apprivoiser et à s’approprier pour faire de l’élève comme du citoyen, un usager conscient et raisonnable dans son appréhension quotidienne de cette fenêtre ouverte sur le Monde.

Références et contacts

 Laurence Juin

Blogs : maonziemeannee.wordpress.com et https://fromplane.wordpress.com/

Twitter : @frompennylane

Facebook : Laurence Juin

 Jean-Christophe Dupuis-Rémond

Blog : numelog.wordpress.com

Twitter : @jcdrpro

Facebook : Jc Dupuis-Rémond – Pro


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Introduire les réseaux sociaux à l’école : prenons des risques! (réfléchis)

La table ronde à laquelle j’ai assisté à Ludovia « Les politiques e-éducatives à mettre en place face aux enjeux de la mobilité et de l’ouverture » à Ludovia,  a tourné en fin de session sur le vieux débat « pour ou contre Facebook à l’école ». Thème abordé  à cause de cette question sondage:

Question mal posée puisqu’il y avait deux sous-questions et que de fait, cela ne se prêtait pas à une seule réponse. Le 1er rang de la salle réservé aux bloggueurs/twetteurs/facebookeurs a vivement réagi aux propos tenus sur l’estrade par le rang d’officiels politiques qui s’y tenait. Au réseau social « grand public » (délibérément nommé Facebook) semblait s’opposer l’Environnement Numérique de Travail (ENT). Comprenez : danger contre sécurité, réseau ouvert contre réseau fermé, pédagogie raisonnée contre « grand n’importe quoi ». La pauvreté des arguments avancés (« quand on voit tous les dangers de Facebook et les expériences malheureuses largement décrites dans les médias ») nous a saisis. Ce manichéisme par ignorance du sujet est sûrement ce que j’ai pu reprocher le plus aux intervenants et finalement a radicalisé nos positions basculant le débat dans une pauvreté encore plus grande : le clan des pour, le clan des contres.
Bien qu’utilisant les réseaux sociaux en classe, je reste très prudente dans cet engouement. Je ne suis pas ultra convaincue, je ne suis pas tout simplement une « extrémiste du réseau social ». J’ai pu constater lors de ces jours à Ludovia combien des positions radicales peuvent nuire à un projet aussi bon soit-il.

Le projet (ou juste une tendance?)  institutionnel en cours viserait à créer un réseau social dédié à l’enseignement regroupant enseignants, communauté éducative, élèves et parents. Un réseau sécurisé et restreint à ce groupe qui bloquerait par sécurité les interférences extérieures.

Sécurisé/restreint/bloquerait/interférences = tout le vocabulaire négatif est réuni.

Le volet sécuritaire me semble indéniable et inébranlable : nous travaillons avec des enfants, des adolescents, le plus souvent mineurs. Aucun risque ne doit être pris. Mais lorsqu’on enlève le facteur risque, on enlève aussi le facteur éducatif. Apprend-on seulement à conduire à un jeune sur circuit pour ne pas risquer l’accident ? Si on ne lui apprend pas à conduire sur vraie route, il n’aura pas conscience de tous les paramètres à prendre en compte. Il serait alors très hypocrite de lui accorder son permis de conduire : certes il saurait conduire mais n’aurait jamais été initié à la conduite en conditions réelles. Alors le moniteur le lâche dans des rues, sur des rocades. Il lui apprend à se repérer, à gérer le risque, à l’anticiper, à adopter la conduite qui le prémunira le mieux. Sans pour autant lui garantir qu’il n’aura pas d’accident tout en évaluant les capacités de l’apprenti à pouvoir conduire en autonomie, en responsabilité.

Quand j’ai commencé à utiliser Twitter avec mes élèves, ça a été ma principale motivation et mon principal objectif pédagogique : un réseau social pour les éduquer à s’en servir de façon raisonnée et réfléchie. Facebook venait d’être bloqué au lycée parce qu’il y avait eu des dérives.  J’ai pris le contre-pied : au lieu de bloquer, éduquons. Après tout, c’est la vocation première de l’école et ce pourquoi je suis enseignante ! Nous aurions pu imaginer un réseau social sécurisé, en circuit fermé. J’ai préféré les lancer sur un  réseau social ouvert. Comme on apprend à un jeune à rouler sur une route. Prise de risque indéniable, ça aurait pu dériver. Ça n’a pas. Simple chance? Je ne pense pas. L’élève comprend que ce qu’il écrit est lu bien au-delà de son réseau habituel profs-parents-communauté éducative. Je favorise les projets nécessitant des interactions fortes avec d’autres twetteurs. Nous ouvrons des espaces d’écriture qui deviennent publics (comme pour les projets #tweetfemme ou #haikutatoo). L’élève est lancé sur la toile et je l’accompagne. Je pose les garde-fous, je jalonne, j’éduque : quel avatar, quel langage, quelles informations diffuser ? Il n’est pas question de les lâcher au volant d’une machine sans leur apprendre à freiner ou regarder dans le rétroviseur. En deux ans d’utilisation, je n’ai pas eu à gérer d’accident. Ca aurait pu se produire. Je connais le risque, je l’évalue, je le prends en compte. J’avance pas à pas, tweet après tweet. Rien n’est acquis. La seule certitude que j’ai c’est bien cette nécessité absolue à éduquer l’élève à l’internet et en particulier aux réseaux sociaux. Parce qu’on ne peut pas nier aujourd’hui la place du Web 2 dans la société et donc dans le quotidien de l’élève. Parce que le rôle de l’école est de l’éduquer dans sa place de citoyen. L’école n’est pas un simple distributeur de savoirs. Ce que l’élève y apprend doit lui permettre de s’inscrire comme citoyen responsable et actif. À nier aujourd’hui les réseaux sociaux et ne pas vouloir éduquer l’élève dans ces usages, l’École manque à sa mission. Imaginer créer un réseau, c’est une perte de temps. On constate la vitesse d’évolution et de changement de ces outils. Myspace est obsolète, Facebook est majeur mais sera-t-il détrôné bientôt par Google + ? Le Web 3 s’amorce quand l’école a encore parfois à peine enclenché le 1. L’école reproduit aujourd’hui ce qu’elle a fait il y a 30 ans avec la télévision : rejeter, nier, dénigrer le média sans éduquer l’élève à une lecture citoyenne et réfléchie. Ça aurait obligé la télévision à être de meilleure qualité, une mise sous pression de la société qui l’aurait tiré vers le haut. Aujourd’hui le constat est fort : la télévision est de piètre qualité et entraîne le spectateur avec elle.

Imaginer un autre réseau me semble inutile. Il serait peut-être parfaitement adapté à l’éducation mais risque, vu le temps que ça prend dans l’émergence d’un projet, d’être déjà obsolète. Puisque ces réseaux existent déjà, puisque les élèves les connaissent, en maîtrisent le fonctionnement de base (ce qui n’est pas suffisant et là est notre rôle éducatif), pourquoi ne pas s’appuyer sur ces savoirs et ces compétences pour les augmenter, les sécuriser ? L’apprenti conducteur n’apprend pas (encore) à conduire avec une voiture électrique. Donnons à nos élèves les outils les plus communs. Mais ça n’empêchera pas une éducation complémentaire à des réseaux moins connus, à d’autres modèles. Après tout, il y a deux ans, j’ai choisi d’utiliser Twitter, encore inconnu du grand public et non Facebook. L’idée essentielle c’est de ne pas limiter l’élève à un choix, de ne pas lui imposer un seul savoir, une seule compétence, mais bien de l’ouvrir au maximum.

Il s’agit aussi de réfléchir à l’âge auquel on enclenche cette éducation à l’Internet et en particulier au Web 2.0 qui suppose la participation, la collaboration, la production de l’élève engageant de fait son identité numérique. Que l’élève ait atteint un âge raisonnable où on peut le mettre dans un processus de reflexion et de recul face à ses actes me semble nécessaire. On apprend pas à des CP à conduire mais on les éveille déjà à la protection routière.

Se pose évidemment le problème économique : c’est s’appuyer sur des sociétés. Mais je ne connais pas de ressources éducatives qui ne le font pas. L’Éducation nationale fait la fortune des éditeurs de manuels, des développeurs d’ENT et des constructeurs de TBI ou de tablettes ! Sans subir ou être soumis à la publicité, par exemple, un partenariat pourrait être envisagé de façon là encore réfléchie.

Il s’agit de prendre aujourd’hui des risques mais mesurés et réfléchis.

#Ludovia2011 : Jour 1, installation et connexion(s)

Ludovia 2011 : nous y voilà!

Ax les thermes, c’est loin.  8h de transport réduites finalement en peau de chagrin. Arrivés au Casino, point névralgique de l’université d’été, j’entends déjà « on en a parlé tout à l’heure« . Mais comment ont-ils fait tous ces gens pour déjà avoir discuté de tout ça alors qu’on arrive juste? Ils ont fait comme moi: le réel n’étend que ce qui se passe déjà dans le virtuel. A Bordeaux, un tweet du Canadien Mario Asselin « je suis en voiture 2, rejoins moi il y a de la place ». A Toulouse, c’est Caroline Jouneau et Eric Sanchez qui montent. S’agrègent des participants qui ont entendu qu’on parlait de Ludovia « mais moi aussi j’en suis« . Alors on parle d’Afrique, de MAdagascar, d’éducation, de collaboratif, du travail d’Eric Sanchez et ses élèves  avec les portfolios numériques portfolio .

Je tweete, je prends déjà des notes alors que notre TER n’a pas encore démarré de Toulouse.  Je parle à Mario du lycée expérimental de l’ile d’Oléron (CEPMO) Et il me parle d’une école innovante basée sur le même modèle à Philadelphie. école Deux modèles d’établissement où on repense la place de l’élève dans l’espace scolaire, dans ses apprentissages.

Au Casino, c’est un peu comme une réunion d’anciens élèves. Du Canada, de la Belgique, des 4 coins de la France, de toutes les structures, on se retrouve. On fait connaissance avec la connaissance de la connaissance. On élargit sa sphère.

LA première soirée à Ludovia se déroulera dans cette ambiance si particulière à l’événement. Une alternance sans cesse de blagues, de bons mots et de réflexions et de travail.

En dinant avec Christophe Batier, Cédric Naux, Sebastien Reinders, Eric Delcroix et Jean Marie Guillot, j’ai découvert l’ergonome Etienne Mineur : Rimeur

J’ai compris ce qu’était le Workflow : vidéo en anglais  et ce slideshare

Nous avons abordé l’open source, l’open data avec les exemples brestois de Michel Briand et rennais avec Hugues  Aubain.

Au barcamp (exercice si difficile à animer) Julien Llanas nous propose de réfléchir à l’école du futur, celle qu’on imagine pour le XXIème siècle. Alors on parle de mobilité (du matériel? De l’élève? Du prof? ), de formation, d’outils .

Christophe Batier me parle de sa causerie avec Marcel Lebrun au sujet des réseaux sociaux dans l’éducation : BAtier/Lebrun

Et puis on rit parce que le TBI que nous présente Smart  dysfonctionne parce qu’on est sous chapiteau. Le moustique attiré par la lumière de la lampe fait bugguer le tableau. Quelqu’un lance « ça doit pas être simple à utiliser en Afrique! ». Derrière cette boutade, une vraie problématique: nos outils numériques sont -ils adaptés, adaptables à tous? Doit-on calquer sur d’autres systèmes éducatifs, sur d’autres continents ce que nous produisons dans les pays occidentaux? L’Afrique ne devrait-elle pas pour avancer  réfléchir et produire ses propres outils? Le débat devrait s’amplifier demain lorsque le projet Sankoré sera présenté par François Boquet  http://sankore.org/  .  On en parlait déjà beaucoup en off ce soir. Entre réserves et engouements.

Une première soirée donc très riche qui augure de ce que va être la semaine !  Demain, le ON s’annonce intense avec un programme de tables rondes (j’irai voir, entre autres, celle où intervient Laurence Barthe ma super colloc !) , explor’camps, barcamps… Le OFF s’annonce tout aussi chargé avec un jogging des bloggueurs (je devrais tenir 5 bonnes minutes!) et E-instruction qui m’a promis une formation exclusive à sa nouvelle tablette tactile !

 

—- Merci à Christophe Batier pour ces liens correctifs

From Ludovia 201O to Ludovia 2011

Je serai à partir de lundi prochain à Ax les Thermes pour la 11ème édition de l’Université d’été « Ludovia ». Invitée lors en 2010 par Eric Fourcaud, j’ai la grande chance de pouvoir rempiler cette année encore !

Quiconque me connait sait combien j’ai pu voyager cette année scolaire : pour participer à nombre d’événements, de rencontres, de colloques enrichissants tant par les contenus que par les rencontres que j’ai pu y faire. C’est avec Ludovia que j’ai entamé cette année et ça  reste pour moi un événement majeur dans une année majeure.

Je garde de cette semaine pyrénéenne un souvenir incroyable. Par la richesse du programme entre colloque scientifique, tables rondes, barcamps, ateliers. Par la beauté et la configuration du lieu: une petite ville à la Agatha Christie où tout se passe entre le casino, la terrasse du bar d’en face, les tivolis de restauration, les hôtels ou les pistes de footing.

Promiscuité géographique qui interdit toute solitude ! On passe la semaine à discuter, à échanger, à bosser, à réfléchir. Je quitte Virginie Paillas et Pascal Nodenot dans les thermes pour retrouver Cédric Naux  pour une bière au Couloubret avant le bar camp dirigé par Sébastien Reinders. Je démarre le matin par un petit déjeuner avec le très matinal Mario Asselin. Sur la terrasse du casino, ce sera le premier café avec Lyonel Kauffman et la première cigarette avec Eric Delcroix. Christophe Batier m’attend déjà pour une causerie sur un banc, il me raconte son footing avec Caroline Jouneau et je pars avec Jean-Paul Moiraud ou Julien Llanas, sac à dos juste rentré de randovers la 1ère conférence du matin accueillis par un Eric Fourcaud en bermuda.

Parce que ce qui fait la force de Ludovia, c’est ce haut concentré quantitatif et qualitatif: je suis repartie avec ma valise et mon disque dur pleins de ressources, d’idées, de pistes de réflexion et de travail. Du contenu très concret grâce aux ateliers, des projets grâce aux rencontres, des doutes, des remises en question grâce aux échanges.

J’ai lu sur Twitter les regrets de certains enseignants sur la date de cette université d’été : beaucoup trop près de la rentrée scolaire. J’y vois, au contraire, (au-delà des contraintes d’organisation professionnelle et familiale que je rencontre moi aussi doublées par 8H de train!) surtout une chance: c’est l’occasion de commencer une année scolaire de façon très positive et très « remontée » loin du pessimisme ambiant à chaque veille de rentrée.

J’ai lu aussi sur Twitter (ah on en lit sur Twitter!) que certains fuyaient ce genre de rencontres autocentrées. C’est justement ce que j’ai apprécié à Ludovia: une ouverture au-delà du monde enseignant. Pas de nombrilisme exacerbé: c’est l’occasion de discuter avec les pouvoirs publics, les acteurs de l’aménagement du territoire, de rencontrer des acteurs économiques, des commerciaux comme la super équipe d’E_instruction ou Laurent Charron de SFR, des chercheurs, des journalistes…etc.  On décloisonne, on questionne, on répond, on imagine. Avec Cédric Naux, j’écoute les questionnements de l’Edition, à Christophe BAtier j’explique mon travail avec le numérique en lycée pro.

Pas d’auto-centrage sur le site puisqu’au-delà de la richesse des rencontres réelles, s’ajoute la richesse du Virtuel qui n’en a que le nom. Ax les thermes devient centre générant des flux incroyables via les réseaux sociaux, Twitter en tête.  Les live-tweets sont intenses et permettent des échanges avec les non-présents. Les articles de blog prendront, écrits le matin très tôt, le relai pour des contenus plus riches et développés. Une place de choix est réservée aux tweeteurs- facebookeurs-bloggueurs pour que Ludovia ne soit pas un événement fermé mais bien, comme le veut le numérique, ouvert au monde. David Cordina en Inde ou Sylvain Bérubé au Canada, se coucheront, se lèveront plus tôt, se coucheront plus tard pour suivre, échanger, alimenter, interagir.

Pas de dépression larmoyante non plus à Ludovia: rien que des gens qui ont encore envie d’enseigner conscients des difficultés actuelles mais qui ont décidé d’avancer avec.

Cette année encore, je me réjouis de ces jours ariégeois. Réjouie de retrouver l’équipe d’organisation, tous les participants et tous les nouveaux  qui s’y sont inscrits portés par notre enthousiasme ! Une mention spéciale avec la venue cette année du Canadien François Guité que j’ai eu la chance de rencontrer et de côtoyer à #Clair2011 (au New Brunswick) en janvier. Si vous êtes présents à Ludovia, prenez le temps d’une bière au Couloubret avec cet homme si enrichissant !

Le programme de Ludovia 2011 porte sur le thème : « mobilité et ouverture » avec l’Académie de Créteil en invitée d’honneur. Il est à découvrir ici : http://www.ludovia.org/2011/ .

Via Twitter, l’évènement peut être suivi avec la balise #ludovia2011 . Toutes les personnes que j’ai citées dans cet article ont un compte Twitter. Vous les retrouverez facilement via la balise. Si vous n’êtes pas sur le site, n’hésitez pas à interagir, il y aura toujous un tweeteur pour vous répondre ! Un mur de tweets sera projeté pour diffuser les tweets balisés.

Si vous êtes présents sur le site, au plaisir de vous y retrouver ! (je suis celle qui parle beaucoup avec une bière et un i-phone à la main 😉

#ludovia2010

From … Partners in Learning Institute / retour sur une semaine à Redmond

J’ai été sélectionnée  avec 49 autres enseignants du monde entier pour participer à la 1ère session du Partners in Learning institute  à Redmond, état de Washington, au siège de Microsoft. Une semaine de réflexion, de discussions autour de la  pédagogie et des enjeux du XXIème siècle et des ateliers collaboratifs sur des ébauches de cours.

Une semaine fort enrichissante évidemment:

– Par la diversité des participants : 31 nationalités

– Par la diversité des thèmes abordés

– Par les outils présentés et/ou utilisés pour travailler

– Par la qualité des échanges

Rares sont ces opportunités de pouvoir échanger et travailler avec d’autres enseignants qui plus est internationaux.

Je pointerai sur quelques points ou outils abordés:

1) Une grille d’évaluation des connaissances acquises en projet

On nous a présenté le résultat des recherches réalisées par le ITL research : innovative Teaching and Learning research http://www.itlresearch.com/

 » Dans le cadre de l’engagement de Microsoft à la transformation d’éducation, son programme Partners in Learning a lancé le projet innovant d’enseignement et d’apprentissage de la recherche (ITL) pour contribuer à l’information et des idées politiques sur où et comment efficaces transformation de l’éducation se déroule dans le monde.

ITL recherche est un programme de recherche pluriannuel globale conçue pour étudier les facteurs qui favorisent la transformation des pratiques pédagogiques et l’impact que ces changements ont sur ​​les résultats d’apprentissage des élèves dans un large éventail de contextes nationaux. » »

Nous avons travaillé, réfléchi et évalué différents projets pédagogiques menés à terme selon une grille qui permettait d’évaluer la construction des connaissances acquises par l’élève lors de ce projet. Grille qui axe sur les connaissances requises, acquises et sur les moyens mis en œuvre et à disposition pour acquérir ces connaissances (usages des TICE, travail collaboratif). Il s’agit alors d’évaluer le savoir-faire et le savoir-être de l’élève.

Un organigramme définit le niveau atteint par l’élève à la fin du projet : du niveau 1 au niveau 4. Il ne s’agit pas de donner 1 pour un « mauvais projet » mais bien de définir de 1 à 4 le degré de construction de connaissances: le niveau 4 réunissant tous les objectifs

Cette grille m’a paru très pertinente: au-delà l’évaluation de l’élève, c’est aussi l’enseignant qui a de la matière pour évaluer sa propre démarche pédagogique.

Quels sont les moyens que je mets en œuvre pour que l’élève soit actif, qu’il sache collaborer, chercher, récupérer, partager? Quels sont les savoirs que je veux qu’il acquiert? Par quelle démarche? Quels moyens, quelles ressources mets je à sa disposition? L’objectif pédagogique est-il atteint? Quelle est la production de l’élève?

2) Des outils

Puisque je ne suis pas née « geek » et que je n’inclus les TICE dans ma pédagogie que depuis récemment, cette semaine m’a apportée ce qui manque tant dans mon quotidien: une présentation d’outils, une manipulation aidée et une mise en scénario pédagogique d’outils. En voici quelques-uns (qui sembleront communs et évidents aux enseignants communs des TICE) :

– Les QR codes : je ne m’étais pas encore trop penchée sur cet outil même si lors des forums européens et mondiaux (à Moscou et à Cap Town) ils étaient présentés. Intéressant pour moi lors de cette semaine nous les avons imaginés dans de vrais scénarii pédagogiques comme les insérer dans des activités géolocalisantes couplées avec les possibilités offertes par Bing.map http://www.bing.com/maps/

Pour générer un QR code, par exemple:  http://qrcode.kaywa.com/

– Pour un montage d’images: Autocollage à télécharger gratuitement et qui permet de compiler jusqu’à 25 photos en une http://www.jetelecharge.com/Multimedia/1801.php

-Un outil qui permet un travail collaboratif très visuel et organisant : http://corkboard.me/UmQIMH0Wt8 sous forme de post-it

-Pour créer des panoramiques photos, http://photosynth.net/ Ultra simple d’usage et résultat bluffant (notamment avec l’appli IPhone gratuite)

– Pour un montage vidéo : http://explore.live.com/windows-live-movie-maker?os=other m’est apparu très simple d’utilisation et applicable en classe avec des élèves (même en primaire)  (mais accessible seulement avec WIndows 7 et vista)

– Pour un visuel de mots http://www.wordle.net/

– Pour des présentations très visuelles : http://prezi.com/

– Un outil que j’utilise déjà depuis quelques mois : Onenote http://www.microsoft.com/office/make-it-great/fr-fr

qui permet une prise de note, une classification de son travail, le partage de données écrites, audio, vidéo avec beaucoup de facilités.

3. Des pratiques  et des échanges: 

Nous avons beaucoup travaillé de façon collaborative et participative: réfléchir à plusieurs à une élaboration de cours, confronter nos pratiques « nationales » pour se rendre compte rapidement que nous avons des pratiques communes « internationales ». Les nouvelles technologies décloisonnent les pratiques éducatives, permettent des échanges forts et déjà actés. C’était ce qui nous rassemblait lors de cette semaine-là. Nombre d’Européens présents font partie, par exemple, du programme Coménius http://www.europe-education-formation.fr/comenius.php ou E-twinning http://www.etwinning.fr/ .

Les différences existent dans le matériel mis à disposition de l’enseignant selon le pays. De pays ultra équipés à d’autres très faiblement dotés, on se rend bien compte que nous n’avons pas les mêmes disponibilités (ce qui ramène à un peu d’humilité entre autres française quand j’entends sans cesse que nous sommes mal dotés). Mais la motivation, la finalité de l’enseignant qui utilise les TICE en classe sont toujours les mêmes: rendre l’élève acteur de l’éducation qu’on lui propose, l’amener à l’autonomie, à apprendre mieux, à apprendre « vraiment ».

Un très bon exercice nous a été proposé appelé en anglais « teachmeet » pour nous permettre de présenter notre travail en classe: 2 minutes de présentation orale pour expliquer une pratique pédagogique innovante s’appuyant sur les TICE. Le choix du support de présentation était libre (vidéo, photo, PowerPoint…). N’avoir droit qu’à 2mn pour présenter un projet est un exercice ardu qui demande un synthétisme fort! Ca remet en cause le sacro-saint exposé oral que l’enseignant demande souvent à l’élève: imposer 2 mn est bien plus exigeant et efficace que le 1/4 h que l’élève vit toujours comme un cauchemar ! 

Voilà ce que j’ai dû produire rapidement et en anglais présentation